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 [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents

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MessageSujet: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Jeu 27 Mar - 16:11


Asher & Sahana
Les deux fantastiques
et les surfeurs absents
Privée de câlins ? Il était sérieux ? Mon mari, cet homme vile et sans pitié oserait ? Oui, parce que dès que j’avais signé les papiers, m’engageant à concourir pour cette compétition de surf opposant militaires et civils, monsieur s’était tourné vers moi pour me sortir que je serais privée de câlin si je ne faisais pas une place honorable. Et c’était sans compter sur le deuxième homme de ma vie qui en avait rajouté une louche en me privant de glace. J’avais deux tortionnaires à la maison. J’avais donc une pression énorme sur les épaules – ainsi que deux épées de Damoclès - et comme si cela ne suffisait pas, l’un de mes supérieurs m’avait convoquée, dans son bureau, avec tout un cérémonial, pour me demander de prendre un soldat, un surfeur débutant, sous mon aile pour le coacher avant la compétition. Soit disant pour que l’armée ne se ridiculise pas. Je ne me sentais pas l’âme d’une pédagogue. En général, j’étais celle qui apprenait et non celle qui enseignait. Eliott m’avait appris à parler sa langue et à nager. Keith m’avait appris à surfer et d’autres choses. Moi par contre… J’avais aidé mon fils à lire, écrire et compagnie mais ce n’était pas la même chose que d’enseigner le surf à un adulte. Sans compter que c’était mon mari qui avait appris à Matt les rudiments de ce sport.

Je n’avais pas vraiment eu le choix. Face à un supérieur, on dit « oui mon Général » et on ne discutait pas. J’avais donc donné un rendez-vous matinal à ce Tobias, que je connaissais un peu… Juste un peu. Il avait surpris certaines rumeurs qui couraient sur mon compte, celles qui disaient que je trompais mon mari. Je ne supportais pas ces commérages. Non seulement parce que c’était des mensonges, mais en plus c’était insultant. Envers Keith et envers mon travail. Envers le Lieutenant Adleberg également. Etrangement, il m’avait défendu, Tobias, alors qu’on ne se connaissait pas. Au moins, je ne tenterai pas de le noyer.

Il était tôt ce matin-là. J’avais embrassé mon fils alors qu’il dormait encore, puis mon mari qui m’avait fait le même coup quelques jours plus tôt. Finalement, une saine rivalité allait s’installer entre nous, à voir lequel de nos poulains allait le mieux s’en sortir. Un petit déjeuner dans le ventre, et je filai sur ma plage de prédilection. Tobias devait m’y rejoindre. Mais au bout de 20 minutes, j’étais désespérément seule. Aussi, je décidai de me confronter à quelques vagues pour passer mes nerfs car je détestais le manque de ponctualité. Aucune rigueur, c’était déplorable. Mais au moins, le surf me calmait. Ça donnait l’impression de voler, et j’aimais cette sensation. Quand je revins sur le rivage, j’étais trempée mais heureuse, le sourire immense sur mon visage. Je pensais au surf, à Keith qui s’était pris une planche une fois pour m’éviter un accident, à notre bébé qui en faisait comme un dieu…

« Mon lieutenant ? »

Whyton était là, sur la plage, seul lui aussi. Je n’avais jamais été sous ses ordres, mais il était mon supérieur, et je le connaissais de réputation. Je savais également qu’il était devenu instructeur par la force des choses, comme mon mari. Peut-être était-ce un préjugé, mais j’étais étonnée de le rencontrer sur cette zone de la plage, généralement réservée aux surfeurs.

« Ne me dites pas que vous venez m’encourager, je ne vous croirais pas. L’un de vos poulains est sur les vagues ? Si c’est ça, vous en avez de la chance parce que le mien n’est même pas capable de sortir de son lit, alors monter sur une planche… C’est quoi la peine pour les déserteurs ? »

Immédiatement, je mis ma main en visière pour chercher du regard d’éventuels autres surfeurs auxquels je n’avais pas prêté attention, tant j’étais occupée par cette sensation de liberté et de bonheur qui m’envahissait sur les vagues.
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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Ven 28 Mar - 21:24

Aujourd'hui n'est vraiment pas une journée comme les autres. Je suis là, à rouler sur ce ponton de la plage de Waikiki, en tenue décontractée et avec mes lunettes de soleil sur le nez. Il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas rendu à la plage, et encore plus d'aussi bon matin. Je suis partagé entre une envie terrible de retourner sous ma couette, et un étrange sentiment de bien-être, bercé par le son des vagues, un son qui m'a été si familier ... Depuis le drame, je ne pratique plus aucun sport. J'essaye de me maintenir régulièrement en faisant quelques pompes et abdos dans mon appartement, mais rien de plus. Je n'en suis pas encore au stade où j'ai accepté mon handicap et je me joins à des clubs sportifs handicapés ... Non, je ne suis pas prêt.  Pourtant le surf faisait partie d'un de mes sports préférés. Je pouvais passer des heures dans l'océan à glisser sur les vagues. J'aimais cette sensation de liberté absolue, cette vitesse, cette adrénaline. Puis, plus rien. Je suis réduis à devoir me déplacer dans ce foutu fauteuil. Mes jambes ne répondent plus et c'est comme si on m'arrachait une partie de moi-même. Alors qu'est-ce que je fais là ? Max est persuasive. Il y a cette compétition de surf à laquelle tous les militaires participent. Moi, je ne tenais vraiment à jouer un quelconque rôle là-dedans, mais j'ai reçu un mail du Maire m'indiquant le nom du jeune homme que j'étais vivement invité à entraîner, jusque là je n'étais toujours pas convaincu. Je voyais mal en quoi un infirme pourrait apprendre le surf à quiconque. Puis Maxine, douée d'un talent indéniable de persuasion, a fini par me motiver et me convaincre qu'au final, en fauteuil ou non, on n'est jamais sur la planche de l'autre pour lui apprendre à tenir debout.

Cela doit faire une bonne trentaine de minute que j'attends sur ce ponton en bois. J'étais sensé rencontré mon élève, un certain Colin. Je ne le vois pas arrivé et je commence à ruminer, frustré et déçu. J'aperçois alors une jeune femme à la peau basanée, sortant de l’océan un grand sourire sur les lèvres. C'est une surfeuse, je me dis que c'est peut-être elle, Colin ... De nos jours, les parents n'ont plus vraiment de pitié pour ce qui est de donner un prénom à leur gamin. A mon grand étonnement, elle s’adresse alors à moi. « Mon lieutenant ? » Une militaire ? Il faut dire que trempée et vêtue d'une combinaison de surf, il est assez difficile de reconnaitre quelqu'un qu'on ne côtoie d'ordinaire que sur son lieu de travail. C'est Sahana Shepard, je ne la connais que de nom et de vue, une femme d'origine indienne, ça ne se voit pas partout sur la base ... Je lui souris alors, flatté qu'elle connaisse elle aussi mon nom. Je n'ai jamais travaillé avec elle, autant que je m'en souvienne.  « Ne me dites pas que vous venez m’encourager, je ne vous croirais pas. L’un de vos poulains est sur les vagues ? Si c’est ça, vous en avez de la chance parce que le mien n’est même pas capable de sortir de son lit, alors monter sur une planche… C’est quoi la peine pour les déserteurs ? » Je la trouve très drôle et ne peux m'empêcher de rire. Puis, je reprends mon sérieux et lui réponds. « On leur brise les rotules et on les cloue dans des fauteuils roulants. » Cynique ? Un peu ... J'espère ne pas la gêner avec mon humour un peu spécial. « Je suis dans la même situation que vous, Lieutenant Shepard. Mais vous semblez ne pas perdre votre temps pour autant !» Je suis étonné de la voir si bien équipée. De toute évidence, ce n'est pas une débutante, et je regrette de ne pas l'avoir vu surfer quelques instants plus tôt.  « Comment avez-vous appris ? » Je suis curieux, je ne sais rien d'elle ...

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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Sam 29 Mar - 13:03


Asher & Sahana
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A Jaipur, je n’avais jamais connu ni le ciel ni la mer. Enfin, que l’on se comprenne, je regardais souvent le ciel avec envie, en compagnie des autres enfants. On imaginait pouvoir nous enfuir hors de ces rues, échapper aux coups de bâtons et à la faim. Pour nous, voler comme les oiseaux s’approchait du paradis ; La liberté… voilà ce que représentait le ciel, un horizon qui nous était à jamais interdit et demeurait hors d’atteinte. Sauf qu’on m’avait sauvée. Eliott m’avait fait voler, et m’avait emmenée loin de l’inde pour me faire découvrir son ile entourée d’eau. J’avais donc quinze ans quand mes pieds avaient marché sur du sable pour la première fois, que mes orteils s’étaient trempés dans la mère. Presque quatorze ans plus tard, le ciel et la mer étaient mon quotidien, mes éléments. Alors voilà pourquoi je me sentais si bien et que ma colère envers Tobias s’était presque totalement évaporé. Le ciel et la mer m’avaient donné un père, puis un mari, puis un fils… Ils m’apportaient la paix. Et aujourd’hui, ils mettaient Asher Whyton sur ma route.

Je ne savais jamais vraiment comment m’adresser à un militaire que je rencontrais dans le civil, et plus encore s’il s’agissait d’un supérieur hiérarchique ; oui, même après tout ce temps… J’optai donc pour un mélange de sérieux et d’humour. Au pire, il me rappellerait à l’ordre et l’incident serait clos. Du moins, je l’espérais. Je fus donc soulagée quand il se mit à rire. Sa réponse me fit marquer un temps d’arrêt… avant que je n’éclate de rire.

« Eh bien mon lieutenant, je ne vous félicite pas ! Vous n’avez pas voulu faire vos corvées, alors vous vous êtes enfui, ou vous avez déserté pour les beaux yeux d’une demoiselle ? »

Pour être honnête, jamais je ne me serais permise de telles familiarités sur la base, mais là, nous étions juste… Asher et Sahana ? Et puis, j’avais un humour désastreux, cela était forcé d’arriver quand quatre-vingt-dix pour cent de vos collègues sont des hommes à l’humour bien gras et bien noir. Sans compter que s’il s’est permis une telle plaisanterie, c’est bien pour qu’on ne le traite pas avec condescendance. Pour moi, un handicap n’a pas à mettre votre vie en suspens. Le lieutenant Whyton demeurait un homme à part entière, très compétent, et visiblement enclin à la plaisanterie. Il n’y avait pas à le juger autrement ou à agir avec lui comme s’il était en porcelaine. Et ce serait pareil avec Keith. Je ne serais pas derrière lui à le couver ou à tout faire à sa place. Il n’était pas mon fils mais mon mari avec ses bons et ses mauvais jours, ses qualités et ses défauts. Bref, je n’avais pas à me justifier. En revanche, je couvris du regard le reste de la plage, mais aucun autre surfeur à l’horizon…

« S’ils arrivent… je les tiens et vous leur cassez les rotules ? »

Voilà pourquoi je ne pourrais pas être instructrice. Si mes élèves ne témoignaient d’aucune rigueur, je serai intraitable et leur ferai payer. Par contre, je fus surprise que le lieutenant me connaisse. Certes, la base n’était pas gigantesque, mais nous n’avions jamais travaillé ensemble. J’espérais que ce soit en bien qu’il ait entendu parler de moi… Et pas à cause de vieilles rumeurs ou pire. Je jetai un coup d’œil à ma planche, et à tout mon attirail. Chez les Shepard, le surf était presque une religion alors j’avais appris à ne pas transiger avec les secrets de ce sport.

« Je déteste perdre mon temps. Et puis, j’ai une compétition à gagner. Mon honneur de soldat est en jeu, sans compter que mon mari et mon fils m’ont fait un odieux chantage pour que je gagne. »

Je souris avant de me mordre la lèvre. Et si j’allais trop loin ? Nous n’étions pas sur la base, mais était-ce une raison pour se laisser aller à ce genre de commentaires ? Je plantai ma planche dans le sable avant de me passer une main dans mes cheveux noirs de jais pour les essorer. Quelques boucles retombèrent sur mon visage. La petite pauvresse de Jaipur surfant… C’était juste… improbable… et pourtant.

« Mon mari. Il est hawaïen de naissance et le surf est un art chez eux. Donc dès que le colonel Shepard a fait de moi une honnête femme, il m’a mise sur une planche. C’est un tortionnaire, mon Lieutenant. Je n’ose pas imaginer comment il est avec les recrues. »

Je souris en disant cela. Keith était un pédagogue hors pair, et même si cela avait été très dur d’apprendre – des années de mauvais réflexes à perdre, un nouvel équilibre à trouver – j’avais adoré chacune de ses leçons.

« J’ai appris sur le tard. On n’avait pas la mer à Jaipur, alors… nager à quinze ans, surfer à quoi… dix-neuf ou vingt ans… Je fais pale figure à côté de mon fils. Mais et vous ? Vous êtes originaire de l’île ? »

J’avais un tas de questions beaucoup plus indiscrètes à lui poser… Il avait vécu ce que Keith était en train de vivre… Comment vous êtes-vous fait ça ? Qu’est-ce que ça fait de devoir tout abandonné ? Est-ce que vous êtes seul pour affronter ça ? Mais cela aurait été déplacé.

« Vous surfiez, donc ? Vous voudrez que je vous prête ma planche pour assommer votre élève s’il se décide à arriver ? Ça ne remplacera pas le surf, mais c’est tout ce que je peux vous proposer. Ceci dit, si vous ne voulez pas perdre votre temps…vous avez peut-être un ou deux trucs à m’apprendre ? »
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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Lun 31 Mar - 14:01

Cette Sahana semble étonnée de me voir plaisanter à propos de mon handicap. A vrai, je le suis aussi. Je crois que c'est la première fois ... Une avancée vers l'acceptation ? Si seulement ! « Eh bien mon lieutenant, je ne vous félicite pas ! Vous n’avez pas voulu faire vos corvées, alors vous vous êtes enfui, ou vous avez déserté pour les beaux yeux d’une demoiselle ? » Je la regarde, un peu éberlué. N'a t-elle pas saisi mon humour ? Je souris et me contente de hausser les sourcils d'un air malicieux, un peu gêné pour elle ... Souvent les gens ne savent pas trop comment se comporter en présence handicapés. Ils se mettent à réfléchir à tout ce qu'ils disent, à tout ce qu'ils font,  finisse par gaffer et se mettent à rougir comme une tomate. Et puis il y a les autres, comme Sahana, qui ne réfléchissent pas du tout et qui finissent quand même par gaffer. C'est assez amusant lorsqu'on y pense ... « S’ils arrivent… je les tiens et vous leur cassez les rotules ? » Je ris de nouveau, décidément très amusé par cette jeune femme à la peau couleur café. Je hoche de la tête en signe d'approbation. Si mon élève se décide enfin à arriver, je crois que je serais capable de le blesser, littéralement. Je ne supporte pas le retard, je considère cela comme un manque de respect inacceptable ... Si moi, en fauteuil roulant, j'ai pu arriver à l'heure convenue malgré le sable dans mes roues et la douleur dans mes biceps, ce n'est surement pas un jeune en pleine qui devrait avoir du mal à faire de même ... Je suis énervé, mais la présence de la jolie Shepard m'apaise. « Je déteste perdre mon temps. Et puis, j’ai une compétition à gagner. Mon honneur de soldat est en jeu, sans compter que mon mari et mon fils m’ont fait un odieux chantage pour que je gagne. » Mes yeux se posent à nouveau sur sa planche et je reste un instant songeur. Moi aussi, j'aurais aimé pouvoir concourir, et gagner, surtout. J'ai toujours eu un fort esprit de compétition, mais l'idée que mon poulain puisse réussir à ma place me donnait au moins un peu de satisfaction.  A l'instant présent, il n'en est rien. « Alors vous avez raison de commencer à vous entrainer, la fierté de votre famille récompensera tous vos efforts !» Je connais son mari de nom, je le croise de temps à autre près des salles de cours. On m'a dit qu'il était pilote, mais qu'une maladie l'a forcé à renoncer à ses fonctions. Je n'en sais pas plus, et je me retiens bien de lui poser la question. Je connais trop bien le malaise dans lequel nous mettent certaines personnes lorsque leurs questions se font trop inquisitrices.

Elle semble tout à coup gênée de m'avoir parlé de son mari et de son fils, comme si elle avait peur de m'ennuyer avec ses histoires. A vrai dire, j'apprécie sa compagnie et sa spontanéité me fait beaucoup de bien. « Mon mari. Il est hawaïen de naissance et le surf est un art chez eux. Donc dès que le colonel Shepard a fait de moi une honnête femme, il m’a mise sur une planche. C’est un tortionnaire, mon Lieutenant. Je n’ose pas imaginer comment il est avec les recrues. » Je ris à nouveau et plaisante à mon tour. « Il faudra que je rencontre votre mari, nous pourrions bien nous entendre ...» Pour ma part, j'ai appris à surfer tout petit, lorsque je vivais à Los Angeles. Puis arrivé à Hawaï, Jake et moi passions le plus clair de notre temps libre à glisser sur les vagues. J'adorais cela.  « J’ai appris sur le tard. On n’avait pas la mer à Jaipur, alors… nager à quinze ans, surfer à quoi… dix-neuf ou vingt ans… Je fais pale figure à côté de mon fils. Mais et vous ? Vous êtes originaire de l’île ? » Jaipur, voilà que j'apprends enfin d'où cette femme vient, et je ne suis qu'à peine étonné. Ses traits du visage trahissent son origine, avec beauté et finesse. « Non je suis né en Californie, mais là-bas le surf fait également partie de quotidien. Vous vous adaptez plutôt bien à l'environnement, avec votre peau matte et votre attirail de professionnelle, on vous prendrait aisément pour une Hawaïenne pure souche !» Je lui souris à nouveau, c'est un compliment, car il est de notoriété commune que je trouve aux filles de l'île une charme incontestable. Sur un air plus curieux, elle me demande. « Vous surfiez, donc ? Vous voudrez que je vous prête ma planche pour assommer votre élève s’il se décide à arriver ? Ça ne remplacera pas le surf, mais c’est tout ce que je peux vous proposer. Ceci dit, si vous ne voulez pas perdre votre temps…vous avez peut-être un ou deux trucs à m’apprendre ? » « Oui, c'était une vraie passion ! Ce sentiment de liberté, cette adrénaline lors de la glisse, ces sensations uniques ... Le surf est vraiment un sport hors du commun. Cela fait partie des choses qui me manquent le plus ...» Je me confis mais pour autant je ne me sens pas mal à l'aise. Je baisse les yeux sur mon fauteuil, comme forcé de constater que je ne suis plus le même. « Le seul conseil que je vous donnerais, c'est de ne pas abîmer votre belle planche sur un de ces élèves sans gène. Entre nous, ils n'en valent pas la peine ... » Je regarde autour de moi, aucun apprenti surfeur à l'horizon ... Mais juste derrière nous se trouve un petit snack sur un passage en bois. Il est entouré de tables et de chaises de plage, protégés de la chaleur écrasante par quelques parasols sponsorisés.  « Que diriez-vous de vous sécher et prendre un petit déjeuner avec moi ?» Je lui dis tout en lui indiquant du menton la petite baraque. « Je crois que vous mourrez d'envie de me poser plein de questions.» Je lui souris, cette perspective ne me dérange pas, au contraire. J'ai perçu dans son regard une curiosité très saine, elle s'interroge sur moi comme pour tenter de répondre à ses propres doutes ...

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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Lun 31 Mar - 20:17


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L’atmosphère était détendue. C’était appréciable qu’un handicap ne soit pas perçu uniquement par un drame et que l’on puisse en plaisanter ainsi. Ce ne serait pas avec Keith que je pourrais me permettre ce genre de commentaires. Pour l’instant mon mari vivait trop mal l’annonce de sa future cécité pour prendre les choses comme elles venaient. Et le lieutenant Whyton ne s’en rendait peut-être pas compte, mais cela me faisait un bien fou de parler librement avec lui. Je me demandais depuis combien de temps il était dans ce fauteuil pour parvenir à en plaisanter et à tolérer que d’autres en plaisantent. C’était un sacré pas. Et c’était aussi… rafraîchissant de parler de la famille, et non plus exclusivement de notre métier de soldat. Des rumeurs avaient circulé sur la base, on racontait ici et là que des renforts pourraient être envoyés en Afghanistan. Mais rien ne s’était concrétisé, alors je savourais chaque jour passé sur l’île, auprès de ma famille.

« Oui, même s’il n’y a pas de médaille pour ça, je crois que c’est le plus beau des combats. »

Et quel combat. Mariée à 19 ans à un homme que je ne connaissais pas plus que cela afin de ne pas être extradée, tombée amoureuse, tombée enceinte alors que j’avais à peine entamé ma formation pour être pilote, mère à 21 ans… Ils étaient tout pour moi, ces deux hommes de ma vie, et il était vrai que lors des cérémonies, notamment celle où j’avais été nommée sous-lieutenant, c’était leur regard que j’avais cherché. Celui de mes supérieurs n’avait eu que peu d’importance pour moi, mais lire la fierté chez Keith et Matt, ça valait toutes les récompenses. Alors je ferai de mon mieux pour cette compétition, je me surpasserai pour entendre mon fils m’encourager et crier fièrement que c’était sa maman qui avait gagné. Et les heures de leçon dispensées par mon mari auraient payé.

« Cela pourrait être une bonne chose, en effet. Je crois que vous pourriez avoir beaucoup en commun… »

Je devais paraitre bien mystérieuse en formulant ainsi les choses et en allant pas au bout de mes pensées. Mes deux instructeurs exigeants avec les jeunes recrues, deux passionnés de surf contraints de rester sur le rivage, deux anciens pilotes… cela faisait beaucoup. Et je me demandais si cela ferait du bien à Keith de discuter avec quelqu’un qui traversait les mêmes épreuves que lui… Mais ce n’était pas le genre de conversation que l’on pouvait aborder avec un quasi inconnu, surtout quand cela touchait des domaines aussi privés et intimes que ceux-ci… Je regardais alors mon « attirail », un peu amusée par la comparaison. C’était bien la première fois qu’on me disait que je ressemblais à une Hawaïenne. Et c’était flatteur, car aujourd’hui, je me sentais bien pus hawaïenne qu’indienne. Je fis une petite révérence en souriant.

« Il faut dire que je vis sur l’île depuis un peu plus de treize ans. Ça a été difficile au début, mais toute la base m’a bien accueillie et aider. J’ai vraiment l’impression d’être liée et redevable envers l’Hickam air force base… Et je suis passée en Californie, il y a des années. J’ai trouvé cet endroit… merveilleux. Si cela tombe je vous ai vu surfer, ce serait pas mal comme coïncidence ! Qu’est-ce qui vous a poussé à déménager, si ce n’est pas trop indiscret ? »

Par contre, la suite de ses propos… Là, j’avais l’impression d’être face à mon mari. Ils avaient les mêmes mots pour décrire le surf, la même nostalgie dans la voix et le regard quand ils en parlaient. La blessure était encore ouverte apparemment chez Whyton, mais en bon militaire, il parvenait à garder ce masque de maitrise et de contrôle si impressionnant.

« Je crois vraiment que vous vous entendriez bien avec mon mari. Navrée pour le surf. »

Il n’y avait pas grand-chose à dire. S’excuser pour un accident dont on n’est pas responsable et contre lequel on ne peut rien est une chose idiote, la fausse compassion également. Pire encore : la pitié. Alors que je n’en éprouvais aucune. Il me donnait l’impression d’un homme toujours fort et déterminé, avec assez de caractère pour rembarrer de fichus élèves incapables de se présenter à l’heure. Le jour où j’aurais vraiment une équipe sous mes ordres, ça marcherait droit et les membres en retard comme ce Tobias finiraient au trou. Bon, je ne bénéficierai pas de conseils techniques sur cet art, mais au moins j’avais appris qu’assommer des recrues avec une planche n’était pas une bonne idée. En revanche, je ne m’attendis pas à ce qu’il m’invite à déjeuner… Et encore moins qu’il voie aussi clair en moi. Je marquai un temps d’arrêt, hésitant un instant… Pour plein de raisons. La première, c’est qu’il était mon supérieur, et que je ne savais pas jusqu’où nous pouvions aller dans la discussion. LA seconde était que… eh bien, c’était un homme, et si mon mari avait toute confiance en moi, j’avais suffisamment de rumeurs d’infidélité qui me collaient à la peau pour en rajouter une.

Non mais comment je pensais moi ? Depuis quand l’avis des autres m’importait ? Je secouais la tête pour chasser mes doutes et plongeai de nouveau mon regard dans le sien.

« Ce serait avec plaisir, mais surtout… N’hésitez pas à m’interrompre, si je deviens trop indiscrète. Vous nous réservez une place ? Je me sèche, et j’arrive. »

Je m’éloignais alors pour regagner ma voiture et en sortir une serviette afin de me sécher très rapidement et surtout d’enlever le surplus de sable. Avec la chaleur qu’il faisait déjà, mon corps se réchaufferait très vite. J’ôtai alors ma combinaison pour enfiler une robe longue légère, toute faite de voiles. Glissant ma planche et ma combi dans le coffre, je frottai mes cheveux avant d’envoyer un message à mon mari pour lui dire que j’avais croisé le lieutenant Whyton  qui était lui aussi privé de son élève. Puis je regagnais la plage, mes cheveux commençant à frisoter. Je les préférais libres, tout comme j’étais habituée à ce que mes pieds soient nus sur le sol. Très vite, j’atteignis le snack, et pris place en face du lieutenant, avant de regarder la carte.

« J’ai effectivement des questions à vous poser. Certaines sont plus faciles. Par exemple, assiette de crevettes ou salade végétarienne ? Je me demandais juste… Comment vous arrivez à surmonter ça ? »

Je fis une petite grimace, sentant que j’abordais une pente glissante et vraiment privée. Mais j’avais besoin de comprendre, besoin d’avoir des ares pour mener le combat qui nous attendait.

« Et comment vous avez su que j’avais des questions ? », ajoutais-je en me penchant vers lui.
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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Ven 4 Avr - 14:29

Qu'entendait t-elle par « beaucoup en commun » ? J'ai entendu parler de son mari, je le sais incapable d'exercer aujourd'hui le métier qui a toujours été le sien, mais je n'en sais davantage. Il ne me semble pourtant pas avoir remarqué chez lui une certaine difficulté à se déplacer, qui pourrait expliquer la réflexion de Sahana. Je ne réponds rien, pensif. « Il faut dire que je vis sur l’île depuis un peu plus de treize ans. Ça a été difficile au début, mais toute la base m’a bien accueillie et aider. J’ai vraiment l’impression d’être liée et redevable envers l’Hickam air force base… Et je suis passée en Californie, il y a des années. J’ai trouvé cet endroit… merveilleux. Si cela tombe je vous ai vu surfer, ce serait pas mal comme coïncidence ! Qu’est-ce qui vous a poussé à déménager, si ce n’est pas trop indiscret ? »  La Californie me paraît être un si lointain souvenir. J'y ai laissé mes parents, ma sœur même. C'est là bas que j'ai rencontré mon meilleur ami Jake, puis celle qui deviendra sa femme, Riley. Cette époque de ma vie est aujourd'hui bien révolue. Tout a changé, je doute avoir le courage d'y retourner un jour. Ces souvenirs me reviendrait en pleine tête comme un coup de poing mal placé.« En effet, c'est magnifique … Mais j'avais envie de changement, il fallait que je prenne le large. J'ai eu l'opportunité de venir sur l'île et je n'ai pas hésité une seule seconde. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette décision à changer ma vie. » Ma voix est neutre. Je ne regrette rien, j'ai vécu comme mon cœur m'a indiqué de le faire. Je me suis brisé les ailes, mais cela aurait très bien pu arriver à Los Angeles aussi...

Ma proposition semble l'étonner quelque peu. Aurais-je dû préciser « en tout bien tout honneur » ? Peut-être … Mais elle semble être une femme intelligente, d'ailleurs sa réflexion n'a duré que quelques secondes avant qu'elle n'accepte. Je lui souris, rassurant. « Ce serait avec plaisir, mais surtout… N’hésitez pas à m’interrompre, si je deviens trop indiscrète. Vous nous réservez une place ? Je me sèche, et j’arrive. » « Ne vous inquiétez pas, si c'est le cas, je n'aurais qu'à m'en vouloir à moi-même de vous avoir fait cette proposition. Je vous attends, Shepard. » Je lui dis affectueusement. Le soleil est déjà très chaud et je décide de m'installer à la table la plus à l'ombre. Au bout de quelques minutes seulement, Sahana revient, les cheveux essorés et vêtue d'une jolie robe légère. Elle s'installe face à moi avec un naturel  qui me plaît beaucoup. Elle ne semble pas gênée, ni par mon handicap, ni par mon grade. Je suis à l'aise également, son humeur est communicative. « J’ai effectivement des questions à vous poser. Certaines sont plus faciles. Par exemple, assiette de crevettes ou salade végétarienne ? Je me demandais juste… Comment vous arrivez à surmonter ça ? »  Je ris doucement à sa première question et me contente de lui montrer du doigt ce que je compte prendre : Un bon gros hamburger comme je les aime. Puis, je reprends mon sérieux. Je réfléchis à sa question, pas très sûr d'avoir la réponse. «  Je … J'ai rencontré quelqu'un qui m'aide beaucoup. C'est elle qui me fait avancer. Ça tient à si peu de chose vous savez ... » Ce que je veux dire par là, c'est ma santé mentale repose sur une seule et même personne. Et que, si du jour au lendemain, cette dernière venait à partir, je ne pense pas être capable de surmonter tout ça. Je suis faible, et j'en suis conscient … C'est difficile d'avouer sa vulnérabilité, encore plus de la confier aux mains d'un tiers. « Et comment vous avez su que j’avais des questions ? » Je souris à nouveau. « Je l'ai vu dans vos yeux. Vous me regardez comme quelqu'un qui veut savoir et comprendre. Et ce n'est pas nourrir une simple curiosité malsaine, n'est-ce pas ? » Je laisse un blanc, avant de reprendre, presque chuchotant. « Vous semblez prête à beaucoup de choses pour aider votre mari. Pourrais-je vous demander la nature de sa maladie ? » J'espère ne pas la mettre dans l'embarra. J'attends sa réponse, un peu anxieux. Le serveur arrive et met un terme à ce silence. « Nous prendrons une salade de crevettes et un hamburger Waikiki Special s'il vous plait. » Je l'abrégeais avant même qu'il nous ait demandé ce que nous souhaitions. Je regarde à nouveau Sahana, l'air malicieux. «  Il vous faut des protéines ... »

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MessageSujet: Re: [Event] Les deux fantastiques et les surfeurs absents   Ven 4 Avr - 20:17


Asher & Sahana
Les deux fantastiques
et les surfeurs absents
Ce besoin de prendre le large, c’était un peu ce que j’avais moi aussi éprouvé. Je n’avais jamais connu que l’Inde quand Eliott était entré dans ma vie. Et être à son contact m’avait fait prendre conscience du fait que je ne me sentais pas à ma place, que je désirais connaitre autre chose, voir de nouveaux univers. Et je comprenais, mieux que quiconque, que cela avait dû changer la vie du lieutenant Whyton, bien que je pouvais concevoir le réel sens de ce changement. En ce qui me concernait, j’étais passée d’une vie misérable et miséreuse, sans avenir, faite de petits larcins et de coups reçus, à une vie d’américaine allant à l’école, de femme, d’épouse, de mère, exerçant un métier dans lequel elle avait foi. Chez moi, le changement avait été éminemment positif. Je me demandais ce qu’il en était pour Asher, s’il avait eu son accident avant ou après son arrivée à Honolulu, mais je gardais ces questions pour moi, car je les savais dérangeantes et indiscrètes. Néanmoins, sa proposition de déjeuner était aussi une invitation à la conversation, n’est-ce pas ? Après tout, on apprenait souvent à se connaitre autour d’un bon repas.

Donc je me changeais, adoptant une tenue plus appropriée pour déjeuner – peut-être pas avec un supérieur, mais il n’était pas réellement en fonction là, non ? – et prévenant mon mari, avant de le rejoindre. Je savais que je marcherai sur des œufs, hésitant souvent pour savoir jusqu’où s’arrêterait ma liberté d’expression, même si Asher semblait ne pas vouloir m’imposer de limite. Et visiblement, il ne s’en imposait pas pour la nourriture. Un hamburger hein ?

« Sauf votre respect mon lieutenant, on voit que ce n’est pas vous qui devez rentrer dans un bikini. Même si bon sang, j’adore les frites… »

Je pris un air désolée. Il m’arrivait évidemment de manger des hamburgers-frites avec les hommes de ma vie, mais de manière générale, j’essayais de toujours préparer des repas équilibrés, pour rester en forme et en bonne santé. Et là, avec la compétition de surf qui se préparait en plus de tout le reste, je ne pouvais pas me permettre d’écarts. D’où mes options plus que sages et raisonnables. Par contre, la suite de mes propos était moins légère que mes plats. J’eus un faible sourire quand il évoqua cette mystérieuse personne qui l’aidait, et surtout la fragilité liée à son état. Je tentais d’être là pour Keith, mais j’avais parfois l’impression que son esprit était à des milliers de kilomètres de moi, là où je ne pouvais rien, et où je ne pouvais empêcher qu’il baisse les bras.

« Elle doit être forte… », murmurais-je un peu triste, un peu jalouse peut-être aussi. Keith m’avait dit qu’il avait l’impression de régresser… je n’arrivais pas à le faire avancer, alors que je le désirais. Je tentai alors une diversion, lui demandant comment il avait su que j’avais des questions plus personnelles à lui poser. Peut-être avait-il été espion ? Cela expliquerait certaines choses… Dans mes yeux ? Etais-je si peu maitresse de mes émotions ? Il fallait le croire. Je fis un léger signe non de la tête. Non, je ne me repaissais pas de son malheur. Non, je n’étais pas du genre à chercher des informations sur des drames intimes rien que pour un quelconque plaisir sadique. J’avais juste un mari qui vivait une épreuve et que je voulais aider. Je voulais comprendre, oui. Juste comprendre. Et lui aussi le compris. Je relevai les yeux vers lui. Il entendait tout ce que je ne disais pas. Par contre, je n’avais pas – à part avec Alana – discuté de la maladie de Keith avec qui que ce soit. J’avais gardé pour moi cette information. Bien sûr, l’information avait circulé, et certains savaient déjà la raison de la « retraite » de Keith. Mais pour d’autres… il fallait dire les choses, les formuler à voix haute et cela, c’était difficile. Parce que je n’en parlais à personne. Quand on m’en parlait sur la base, je mettais mon masque de soldat, ne trahissant aucune émotion, mais là, c’était différent.

« On ne sait pas trop. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il va perdre la vue, petit à petit. Il n’y a rien à faire. Et le moindre choc au crâne risquerait de précipiter les choses. Il ne peut plus voler. Il ne peut plus surfer. Et il a peur de ne pas voir grandir son fils. »

D’être un poids, d’être un fardeau aussi. Je n’avais pas besoin de le dire. J’avais les yeux baissés. C’était dur pour moi, d’évoquer ce mal qui me touchait par ricochet. Ce fut le serveur qui nous tira d’un silence pesant. Whyton prit la décision pour moi, je n’aurais pas été capable de me souvenir des plats que j’avais évoqués et qui me faisaient envie en réalité. Alors ce serait une assiette de crevettes. Des protéines pour renforcer les muscles, oui, la compétition. Je souris, relevant la tête vers lui.

« Compétition que je dois gagner. Je n’aurais plus le droit de manger de glace sinon ! »

Bien que les glaces soient le cadet de mes soucis. Je voulais juste que mes hommes soient fiers de moi.

« Vous avez de la chance, d’être accompagné dans cette épreuve. Mais s’il vous plait, pour moi, ne lui dites jamais qu’elle serait mieux avec un autre, ou que vous préféreriez laisser tomber, ou qu’elle n’est avec vous que par pitié ou pas devoir. Je ne connais pas cette personne, mais je suis persuadée qu’elle vous voit comme je vous voir. Un lieutenant, quelqu’un de bien, un homme avec beaucoup d’humour. »

Il n’y avait rien de pire que de voir la personne qu’on aime s’éloigner, en vous prêtant des intentions que vous n’avez pas, ou croire savoir mieux que vous ce qui sera meilleur pour votre vie, surtout quand cela s’apparentait à une fuite…
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