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 If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through

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MessageSujet: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Sam 15 Mar - 9:24


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

I'll give you strength to pull through
Les jours s’écoulaient inlassablement. Et je sentais qu’il m’échappait. La plupart des femmes doivent rivaliser avec une maitresse… Les femmes de militaires rivalisaient avec l’armée. Mais pas moi. Non, moi j’avais un ennemi intérieur à combattre. un ennemi qui touchait mon mari au plus profond de son âme et de sa chair. Keith avait des hauts et des bas depuis qu’il avait appris pour sa maladie qui le condamnait, à terme, à devenir aveugle. Si pour moi il resterait le même, toujours courageux, fort, digne d’amour et de respect, lui ne le considérait pas ainsi. Et je n’aimais pas le voir ainsi. Penser qu’il serait un fardeau pour moi ou Matt, c’était stupide. Et insultant. Je n’étais pas une petite fille fragile. J’étais une femme, un soldat qui plus est. Je ne baissais jamais les bras et braver toutes les tempêtes. Celle-là, je la traverserai avec lui, quoiqu’il arrive, parce que c’est aussi ainsi que va la vie : il fallait continuer. Sinon quoi ? Je serai morte, enfant, dans les rues de Jaipur ! Je ne l’aurais jamais connu, nous n’aurions jamais eu notre enfant. D’ailleurs, je l’avais déposé la veille chez un camarade de classe pour le week end. C’est qu’il devenait un jeune homme mon bébé, et il commençait à vouloir passer du temps avec ses copains. Voilà aussi ce qui me donnait plus que tout envie d’un autre enfant. Sentir ce lien si puissant, savoir que l’on construit l’avenir d’un être vivant, qu’on lui donne toutes les clés pour réussir… Mais un bébé, avec Keith qui broyait du noir, ce n’était plus vraiment à l’ordre du jour.

Nous avions eu la soirée pour nous, Keith et moi, et j’avais réussi à le convaincre de m’accompagner faire une grande randonnée sur l’île. Je voulais escalader le volcan, j’avais besoin de renforcer ma condition physique, ayant été moins performante aux derniers exercices. J’espérais aussi, plus ou moins secrètement car j’avais l’impression qu’il lisait en moi comme dans un livre ouvert, que cela lui redonnerait confiance. Pour le moment, il était encore au top. Et quand bien même il ne le serait pas, son expérience et sa force prendrait le relais. Je remettais totalement ma vie entre ses mains, je n’éprouvais aucune crainte à l’idée que ce soit lui qui assure ma sécurité lors de la montée. Aucune. Nous avions déjà grimpé à deux. Parfois j’avais glissé, d’autres fois, c’était lui, manquant de nous entrainer l’un l’autre dans une chute mortelle. Nous nous étions toujours rattrapés. Parce qu’on fonctionnait à deux. Et qu’on était forts quand on était ensemble. Mais l’ascension ne serait pas pour maintenant, encore fallait-il déjà y arriver.

J’avais enfilé un short court, un débardeur kaki, choisi les chaussures adéquates. J’avais également chargé nos sacs : eau, sandwichs, barres vitaminées, couvertures et toiles de tente, car il nous arrivait de dormir « à la belle étoile », lors de nos excursions. J’aimais ces moments. J’adorais Matt plus que tout et je lui sacrifierai ma vie sans hésiter, mais j’aimais ces moments qui n’appartenaient qu’à Keith et moi, où nous étions seuls. C’était nous contre le reste du monde, comme depuis… toujours en fait. Et il n’était pas rare que ces moments pourtant épuisants se muent en instants de tendresse et d’intimité. C’était comme un moyen de nous ressourcer. Nous faisions corps avec la nature, et on se retrouvait, puisant une nouvelle énergie dans l’environnement et dans la libération de nos instincts. Il fallait dire que je n’étais pas une de ces femmes guindées de général, toujours propres sur elles, prenant le thé, ne se salissant jamais les mains. Non, d’ailleurs, j’étais toujours mal à l’aise lors des diners guindés et pompeux, où il fallait porter une jolie robe et sourire bêtement en vantant les talents de meneur d’hommes de mon mari. Bien sûr qu’il était talentueux et le meilleur, mais ces masques d’hypocrisie, ces serpents de la politique, les messes basses, les commérages, non, ce n’était pas pour moi. Car même si j’avais change, je restais une petite fille des rues, qui avait toujours connu le grand air et qui fouillait dans les poubelles pour se nourrir. Quant à Keith, je voyais bien qu’il était un homme de terrain. Sa place était au grand air et pas dans des diners mondains. On jouait le jeu, puisqu’il le fallait, pour nos avancements entre autres, mais nous savourions nos échappées. J’espérais que celle d’aujourd’hui serait l’une d’elles.

Nous étions donc partis tôt, au petit matin, pour pénétrer dans les terres sauvages de l’île, où nous progressâmes sans grandes difficultés. J’avais un peu la tête ailleurs. J’avais appris une nouvelles quelques jours plus tôt et… j’ignorais quel crédit lui donner. Je ne savais pas non plus si je pouvais en parler avec Keith ou si cela le renfermerait davantage sur lui-même. Car après tout… les choses continuaient pour moi et on ne pouvait rien contre cela. Dire qu’avant je lui parlais de tout et là, je ne savais plus s’il y avait ou non des sujets tabou. J’étais tellement peu concentrée sur ma progression, que je me pris plusieurs fois les pieds dans des branchages, promettant à chaque fois à Keith de faire plus attention…. jusqu’à ce que mon pied ripe sur une grosse pierre. Cette fois une pause s’imposait. Je n’avais pas très mal, mais j’avais aussi appris à faire attention. Prudente mais pas téméraire. Autant reposer ma cheville et reprendre mes esprits pendant quelques minutes. Je bus une gorgée d’eau avant de regarder mon mari en hésitant… Est-ce que je pouvais lui parler de cela ? J’ouvris plusieurs fois la bouche, sans que rien ne sorte. Mon regard se porta un instant sur la silhouette du cratère. Nous allions le gravir aujourd’hui. Quoiqu’il arrive, j’en avais décidé ainsi. Et il fallait que je m’endurcisse, que je sois forte, mentalement et physiquement. Pas seulement pour Keith…

« On raconte sur la base qu’ils envisagent de renvoyer des pilotes en Afghanistan… »

Je ne pus rien dire de plus, on savait tous les deux ce que cela voulait dire. Je risquais d’être envoyée là-bas, et ça ne serait pas pour quelques semaines. Or nous n’avions été séparés longtemps qu’une seule fois, en 2011, et cela avait été une épreuve terrible. Je redoutais cela. Je n’avais pas peur des combats, mais d’être séparée de mon mari et de mon fils. Mais désormais, il fallait se faire une raison… de nous deux, ce serait toujours moi qui quitterai la maison pour des missions à l’autre bout du monde. Je remuais certainement le couteau dans la plaie en parlant boulot, mais j’avais besoin d’en parler, comme à chaque mission, et si la rumeur se confirmait, il devrait être présent à 200% pour Matt, en assurant le rôle de père et de mère, malade ou non, qu’il est confiance en lui ou non…
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Sam 15 Mar - 17:46


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through

Quand j’ouvris les paupières ce matin, mon bras s’étendit sur la place à côté de moi. Vide. Je me retournai en ayant une impression bizarre. Ce ne fut pas que ma femme soit déjà levée qui me perturba mais bien autre chose. Le silence. Pas de bruit d’enfant. Pas de petit homme qui s’amusa à sauter sur le lit pour me dire qu’il était temps que je me lève. Il me fallut quelques secondes pour me souvenir que Matt n’était pas là. Il avait passé la nuit et resterait une partie de la journée chez un copain. Sahana m’avait prévenu la veille pourtant. Juste avant de me proposer d’en profiter pour faire une excursion tous les deux. Je m’étais montré réticent à sa demande mais devant son insistance, ses arguments et surtout ce que je pus lire dans son regard, j’avais cédé. Qui pouvait dire si ça ne serait pas notre dernière balade de la sorte avant que les ténèbres n’arrivent.

Elle était déjà affairée dans la cuisine à préparer nos sacs quand je me décidai enfin à me lever. Je n’avais pas caressé l’espoir qu’elle change d’avis, je connaissais sa détermination quand elle avait une idée en tête. Impossible d’aller contre sa volonté, je m’étais presque fait une raison en dix ans de mariage et sur le côté obstiné, Matt ressemblait beaucoup à sa mère. Je m’approchai pour enlacer ma femme, collant mon torse nu contre son dos. Un baiser fut déposé dans son cou avant que je me décide à la lâcher pour prendre un pancake, boire une tasse de café. On discuta un peu puis je m’éclipsais pour me préparer tandis qu’elle terminait de préparer nos sacs. J’enfilai un bermuda kaki assez court, un tee-shirt dans les mêmes tons, des chaussures confortables, sans oublier mes lunettes de soleil. Je les portai beaucoup plus qu’auparavant. Les rayons du soleil avaient tendance à me déclencher des maux de tête depuis quelques semaines car ils m’éblouissaient trop et me fatiguaient les yeux plus rapidement qu’avant. Je n’en avais pas parlé à Sahana, ne souhaitant pas l’inquiéter mais je soupçonnai fortement qu’elle avait remarqué ce léger changement.

Il était encore tôt quand on partit. Un court trajet en voiture jusqu’au début d’une piste. Mon regard qui dériva sur les paysages que l’on longeait, je n’avais que ça à faire puisque je ne pouvais plus prendre le volant. Puis on s’arrêta et on entra dans les terres sauvages de l’île. Le trajet se fit durant un long moment en silence, nous échangions à peine quelques mots. Une foule de pensées me traversaient l’esprit et Sahana était étrangement silencieuse. Je le remarquai mais ne dis rien, mettant ceci sur le compte qu’elle voulait profiter de la nature qui nous entourait et du calme du lieu. Puis il y eut un premier accrochage. Elle perdit un peu l’équilibre, le reprenant rapidement. Je la regardais en souriant alors qu’elle me dit qu’elle allait faire attention. On se remit en route et quelques minutes plus tard, cela se reproduisit. Cette fois, mes sourcils commencèrent à se froncer derrière mes lunettes de soleil. Le sourire était encore présent sur mon visage mais il disparut quand elle perdit l’équilibre une troisième fois. Cela ne lui arrivait jamais d’être aussi maladroite. Quelque chose la perturbait.

On se remit en route, je ralentis un peu l’allure pour me positionner un mètre derrière elle et je l’observai. J’en vins presque à lui poser directement la question quand son pied ripa contre une pierre. Mon bras se tendit aussitôt pour la saisir et l’empêcher de tomber. Nos corps se frôlèrent alors qu’elle réclama une pause. J’approuvai à demi-mots, m’éloignant déjà de quelques mètres alors qu’elle se posait pour reposer sa cheville. Du coin de l’œil je l’observai alors qu’elle buvait puis quand je sentis son regard se tourner dans ma direction, je détournai la tête, semblant m’affairer dans la contemplation d’un papillon qui s’était posé non loin de là.

Le silence s’installa durant un court instant avant qu’elle ne le rompt. Je lâchai l’observation du papillon mais ne me retournai pas immédiatement. « Je sais. » Ce qui était vrai. En tant que colonel, j’avais parfois quelques exclusivités dans les nouvelles ou dans les rumeurs qui couraient sur la base. Le privilège des hauts officiers en quelque sorte... Après la Libye, nous savions que ce jour viendrait forcément, où des unités finiraient par être mobilisées pour être envoyées à l’autre bout du monde. Ce que nous n’avions pas prévu jusqu’à un an en arrière, ce fut que ça ne serait pas moi qui partirai. Qu’en fait, je ne m’absenterai plus du tout, que je serai le conjoint qui resterait, s’inquiéterait et qui devrait faire face seul en s’occupant de notre fils. M’occuper de Matt ne me poser aucun souci, je l’avais déjà fait durant sept mois trois ans auparavant. Mais là, si je perdais la vue alors que Sahana était en Afghanistan ou ailleurs ? Comment pourrais-je m’occuper de notre fils de presque huit ans sans elle ?

Je finis par me retourner pour lui faire face. Je ne retirai pas mes lunettes de soleil, continuant à me cacher derrière. Mon regard azur était parfois très expressif, surtout pour elle qui me connaissait par cœur. Je ne souhaitais pas qu’elle lise l’inquiétude dans mes prunelles, cette crainte de ne pas être à la hauteur et d’être incapable de faire face en m’occupant de Matt. Je souhaitais la rassurer mais je ne trouvai pas les mots pour. « Ça sera peut-être l’occasion d’avoir ta promotion. » Mon ton n’était pas enthousiaste ni encourageant, au contraire, il était relativement neutre. Comme souvent quand je tentai de mettre de la distance car je vivais un tumulte intérieur que je gardai pour moi. Alors je me retranchai derrière le travail et cette possibilité que ma femme passe lieutenant à son retour d’Afghanistan si elle devait être mobilisée.


   
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Sam 15 Mar - 21:19


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

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Ce matin, j’aurais presque pu croire à une journée normale, juste entre mon mari et moi. Comme si rien n’avait changé. J’avais souri, quand il m’avait enlacée pour m’embrasser, alors que je m’affairais dans la cuisine. Je ne pus m’empêcher de penser à notre première fois… La première fois que je me retrouvais nue avec un homme dans le plus simple appareil. J’avais été si timide, j’avais eu si peur, et tout avait été merveilleux. La douleur avait vite laissé place au plaisir, et j’avais appris au fil du temps à être de plus en plus à l’aise avec lui. Oui, pendant quelques secondes, j’avais l’impression de… mener la vie que j’avais toujours menée. Avec un mari fort, sûr de lui, déterminé. J’aurais pu me bercer d’illusion toute la journée, s’il n’y avait pas eu quelque chose qui envahissait mon esprit. Depuis quelques jours, des rumeurs circulaient sur la base. Rien d’officiel, et rien aux informations n’accréditait ni ne niait ces on-dit. Mais les soldats étaient fébriles, comme avant chaque départ. Je n’avais été séparée qu’une fois de mon mari et de mon fils, pendant sept mois… Et je savais que je pouvais m’estimer heureuse. Certains – hommes ou femmes, pères ou mères – partaient parfois pour un an, voire deux et même plus. Je savais que cela faisait partie du métier. Je m’étais engagée en sachant pertinemment ce qui arriverait. Certes, j’étais très jeune, et pas encore amoureuse, ni mère, quand j’avais choisi l’armée, mais même maintenant, je ne me voyais pas faire autre chose. Toutefois, j’étais inquiète. Keith n’avait pas le moral depuis qu’on lui avait diagnostiqué cette saleté, et il avait tendance à se refermer et se dénigrer. Je ne serai jamais concentrée et jamais opérationnelle à cent pour cent, si je m’inquiétais pour mon mari et mon fils que j’aurais laissés derrière moi. Et si je rentrai et que l’état de Keith avait empiré… Les retours au pays n’étaient jamais complètement idylliques. Bien sûr, il y avait toujours cette phase où on a besoin d’être avec l’autre, le retrouver mentalement et surtout physiquement après autant d’absence et d’abstinence, mais après venait la phase où il fallait reprendre la vie normale, et où les souvenir des combats et des missions revenaient… Alors s’il était mal…

Preuve que je ne serais jamais concentrée en mission, je fus incapable d’aligner trois pas sans me casser la figure. Et cela ne me ressemblait absolument pas. J’étais adroite et absolument pas gauche… sauf quand quelque chose me préoccupait, comme aujourd’hui. La maladie de Keith, ses phases d’abattement, l’éloignement qui s’instaurait parfois entre nous, cette rumeur de départ… C’en était trop et j’avais besoin d’en parler avec lui, l’homme qui partageait ma vie depuis dix ans. Il me rattrapa alors que je glissais sur une pierre. Sans lui, je me serais retrouvée par terre, et je me serais sans nul doute fait mal. Il me sauva, en quelque sorte, une nouvelle fois. Je fus un peu troublée de sentir sa force sur moi, mais il fallait que l’on parle. Que l’on repose nos esprits et nos corps, même si là, d’autres envies m’envahissaient. Je m’assis pour masser ma cheville, m’assurant qu’elle n’avait rien, et pour boire un peu d’eau. Quand je relevai la tête, je le surpris en train de contempler quelque chose, un papillon peut-être, à travers ses lunettes de soleil qu’il mettait de plus en plus. Peut-être pour épargner ses yeux. Ce n’était pas normal, qu’on ne se regarde pas, qu’on s’ignore…  Je ne l’intéressais donc plus ? Il fallait dire… dix ans… Même s’il n’avait pas de maitresse, peut-être commençait-il à se lasser. Ce n’était pas du tout mon cas, chaque jour, je me levais avec autant – si ce n’était plus encore – d’amour que la veille… Mais… Je chassais cette pensée, pour me reconcentrer sur ce qui m’inquiétait en ce moment. Ces rumeurs qui disaient que peut-être, je serai envoyée en Afghanistan. Je ne prononçai qu’une phrase, n’y ajoutant rien et ne posant aucune question.

Je l’observai. Il savait… Et ? C’était tout ? Je n’attendais pas d’informations de sa part, je savais qu’il était contraint au secret, mais… J’aurais au moins espéré une réaction. C’était tout ce que cela lui faisait, l’idée que je puisse être mobilisée ? La suite m’acheva. Heureusement que je ne buvais plus, je lui aurais certainement craché l’eau à la figure en manquant de m’étouffer. Ma promotion… Génial. Bien sûr que je voulais passer lieutenant, mais partir maintenant, dans ces conditions… J’eus un hoquet nerveux, secouant doucement la tête. Alors ça allait être ça maintenant ? Notre couple ? Je ne savais pas ce qu’il cherchait à faire mais en tout cas, s’il voulait me blesser il réussissait parfaitement. Sèchement, je remis la bouteille d’eau dans mon sac que je fermai et remettais sur mes épaules sans ménagement.

« Génial… »

Oui, génial. J’allais être séparée de mon mari et de mon fils mais visiblement, il n’y avait que moi que cela dérangeait. J’étais un peu en colère… Mais alors que je lui tournais le dos, une lueur de lucidité surgie de nulle part me revint. Je ne pouvais pas croire qu’il s’en foutait, il ne pouvait pas avoir changé à ce point. Surtout que nous avions déjà connu une séparation longue. Je me tournai d’un coup et fis les quelques pas qui nous séparaient pour lui faire face et lui ôter ses lunettes, afin que je puisse le regarder dans le fond des yeux. Je soutins son regard quelques secondes.

« Je mettrai ma vie et celle de mes hommes en danger si je m’inquiète, et je refuse de faire ça. J’ai besoin de toi, Keith. Quand tu partais, tu avais besoin que je sois forte, pour ne pas t’inquiéter alors que tu étais à des milliers de kilomètres. Quand l’un de nous part, l’autre mène aussi un combat et on doit pouvoir se faire confiance. Pour moi c’est pareil.  J’ai pas peur que tu merdes avec Matt pendant mon absence. J’ai peur que tu te refermes, j’ai peur qu’à mon retour tu… »

Que tu ne m’aimes plus. Que tu ne veuilles plus de moi.

« Je ne tiendrai là-bas qu’en pensant à vous deux et au fait que je vais vous retrouver. Dis-moi que tu seras toujours là, que tu m’attendras et que tu ne me chasseras pas de ta vie… je t’en prie… »

Lui et mon fils représentaient tout pour moi, et je n’imaginais pas ma vie sans l’un ou l’autre. Tout comme eux deux étaient inséparables. Depuis sa maladie, il n’avait de cesse de me dire que je serai mieux sans lui mais c’était faux, et aller combattre en pensant que mon mari n’attendait qu’une chose, que je parte… Ce serait courir à la catastrophe. Je fis un geste pour lui désigner le volcan.

« J’ai besoin de toi pour y grimper. Et il est hors de question qu’on fasse demi-tour, je pense que tu le sais. »

Ce volcan… le symbole du reste de ma vie aussi…
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 16 Mar - 17:05


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through

Depuis presque un an, je cumulai, ces phrases prononcées trop rapidement, sans réfléchir, ayant pour but de brouiller les pistes. Je n’en fis jamais autant jusque récemment, ce n’était pas dans ma nature de blesser ouvertement les gens. Je me trouvai pourtant un don pour le faire, encore cette fois avec ma dernière phrase sur la promotion de ma femme. Je le compris à peine fut-elle prononcée mais il était déjà trop tard pour la retirer. Je me détestai quand j’agissais de la sorte, la blessant moralement alors qu’elle était la dernière personne à qui je souhaitais faire du mal. Et si un jour, une telle phrase m’échappait devant mon fils ? Si Sahana pouvait comprendre mon état d’esprit depuis quelques mois, ce n’était pas le cas de Matt. Que je m’en prenne à lui, je ne me le pardonnerai pas. Et elle non plus ne me pardonnerait pas. Alors si ceci devait se produire alors qu’elle serait à l’autre bout du globe, qui consolerait Matt quand il me claquerait la porte de sa chambre au nez…

Je me rembrunis un peu plus à cette pensée alors qu’elle rangeait sa bouteille d’eau, prononçant un simple mot sur un ton qui voulait dire tout le contraire. Je faillis faire un geste dans sa direction pour m’excuser mais il n’y eut rien. Ni gestes, ni mots. Mieux valait se taire peut-être, cela éviterait que l’on poursuive cette randonnée en se déchirant. Déjà elle me tournait le dos, prête à repartir. Je l’imaginai marchant quelques mètres devant moi, le temps de se calmer et de laisser retomber cette pression que j’avais fait monter en elle. Je m’apprêtai à lui emboiter le pas quand elle se retourna. Et merde. Ce fut ce que je pensai quand je vis la lueur dans son regard alors qu’elle couvrait la distance entre nous. D’autorité, elle me retira mes lunettes de soleil. Je clignai des paupières, gêné par cette lumière que je fuyais désespérément. Une fois que je fus en mesure de la distinguer sans voir trouble, nos regards s’accrochèrent. Je ne détournai pas le mien, non par fierté, et parce que je n’étais pas lâche malgré mes bas de plus en plus présents par rapport à mes hauts.

J’attendis, qu’elle se décide à me rendre mes lunettes pour les remettre sur le bout de mon nez. Je n’avais rien à dire. Je ne savais pas comment tourner les mots et quand finalement quelque chose sortait de ma bouche, ça la blessait. Alors mieux valait le silence pour moi, c’était moins blessant même si ce n’était guère encourageant. Si j’optai pour cette solution, ce ne fut pas son cas. Elle préféra la parole, réclamant mon soutien, exprimant sa peur que je me renferme. « …. Peur qu’à mon retour, je ne sois plus qu’un aveugle…. ? » Je terminai sa phrase inachevé, ne sachant pas si c’était ce qu’elle pensait. C’était en tout cas ce à quoi je songeai. Si je perdais la vue durant son absence, comment ferai-je à son retour pour m’assurer qu’elle allait vraiment bien, n’ayant plus de points de repère pour le constater par moi-même ? Comment pourrai-je l’aider à surmonter toutes les horreurs qu’elle aurait dans sa tête sans arriver à décrypter visuellement comment elle se sentait. J’étais paniqué à cette idée. Et la panique, c’était le pire de tout. Autant la peur nous aidait à nous dépasser, autant la panique finissait par nous mener au plus profond de l’abîme.

Nous n’avions pas les mêmes peurs, pas les mêmes ressentis. Cela me tuait à petit feu de savoir qu’un jour je ne serai plus à la hauteur, et sa crainte à elle, c’était que je la chasse de ma vie. Que l’on se sépare comme je lui avais déjà conseillé plusieurs fois de le faire, de me quitter pour ne pas avoir de fardeau à porter. Ma main se leva à la hauteur de son visage pour lui replacer une mèche de cheveux derrière l’oreille. Elle venait de me supplier de lui faire une promesse que j’étais incapable de faire à l’heure actuelle. « Ce n’est pas le moment d’avoir cette discussion ma chérie, on l’aura si tu dois être mobilisée. » Je ne me défilai pas, je reportai. Quelle assurance avions-nous pour savoir si elle allait partir ? À l’heure actuelle aucune, ce n’était que des rumeurs. Alors peut-être que oui en effet je me défilai, refusant de faire une promesse qui soulagerait sa conscience et allégerait son cœur. Mais nous n’étions pas présent sur ce lieu pour ce genre de paroles, mais pour grimper ce volcan qu’elle me désigna d’un geste.

Je laissai retomber mon bras pour observer le volcan qui se dressait devant nous. Effectivement, il était impossible de faire demi-tour, nous le savions tous les deux. Je pouvais refuser d’aller plus loin mais je savais déjà d’avance qu’elle irait dans ce cas seule. Et vu que je ne pourrai pas m’empêcher de m’inquiéter pour elle, je finirai par la rejoindre pour m’assurer qu’il ne lui arrive rien et qu’elle revienne en vie. Alors de faire demi-tour maintenant, ça ne ferait que retarder l’inéluctable, le fait que l’on allait gravir ce volcan jusqu’à son sommet. Doucement je récupérai les lunettes de soleil qu’elle m’avait retirées. « Je le sais, tout comme je sais de qui notre fils tient son côté borné. » En songeant à lui et au fait qu’il ressemblait à sa mère sur de nombreux points, une lueur illumina mes prunelles, puis je remis mes lunettes de soleil.

Je contournai Sahana pour me remettre en marche sur le sentier, décidé à répondre à son besoin de gravir cette montagne. « Ça sera peut-être la dernière fois que j’aurai l’occasion de le gravir et de contempler le paysage du sommet, qui sait ? » Et là, je me pris une claque mentale au même moment à cette pensée. Mais plutôt que de m’apitoyer sur mon sort, je continuais à m’éloigner lentement. « Et puis, ça fera un bon entrainement physique en vue de la compétition de surf qui se prépare. » Compétition dont nous n’avions jamais abordé le sujet pour savoir si on allait y participer ou non. Depuis tout petit, il m’arrivait de faire des compétitions ou simplement de prendre une planche pour aller taquiner les vagues. Chose que je n’avais pas faite depuis presque un an, me contenant d’accompagner Matt et restant dans des endroits où les vagues étaient faibles pour lui inculquer l’art du surf. Et si je participais à cette compétition au risque de me prendre un rouleau et une forte pression d’eau sur la tête ?

   
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Dernière édition par Keith Shepard le Lun 17 Mar - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 16 Mar - 21:14


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Etre lieutenant. Bien sûr que c’était quelque chose que je recherchais, pour moi, pour qu’Eliott soit fier de moi de là où il était, pour que mon mari et mon fils soient fiers de leur femme et maman… Pour que Keith n’ait jamais à regretter ce qu’il avait fait dix ans plus tôt. Mais même si cela m’aidait pour mon avancement, partir loin de ma famille ne me réjouissait pas. Alors non, je n’arrivais pas à voir ce possible départ comme une opportunité, surtout en ce moment. Keith, et mon couple, étaient fragiles, j’avais l’impression que la moindre brise et tout pouvait voler en éclat alors qu’on était un couple solide depuis des années et qu’on avait un fils merveilleux.  J’avais besoin de mettre les choses à plat, comme nous l’avions fait l’an dernier quand je l’avais soupçonné de vouloir me quitter pour une autre… Car si ces rumeurs étaient vraies, si j’étais mobilisée, je ne serais jamais efficace sur le terrain en sachant qu’il n’était pas à cent pour cent avec moi, avec nous. Pire, je mettrai tout le monde en danger, car un soldat distrait est un soldat mort.

Mais il n’avait rien compris. Je levai les yeux au ciel et pinçai les lèvres, avant de fermer les yeux quelques secondes. Il n’avait vraiment rien compris, obnubilé par son problème et son angoisse à lui, alors que ça ne me faisait pas peur. Bien sûr que je comprenais… Bien sûr qu’à sa place j’aurais eu envie de tout envoyer valser. Mais je n’avais pas peur qu’il devienne aveugle. Je ferai d’ailleurs tout mon possible pour l’aider à ne plus avoir peur de cette situation. Mais pas maintenant, parce que son manque de confiance me faisait mal, et que je sais que je n’aurais pas la patience.

« Que tu ne sois plus qu’un crétin, plutôt, si tu crois que je pourrais un jour penser ça de toi. En dix ans j’ai appris à croire chacun des mots que j’ai prononcés à notre mariage. Tu as si peu confiance en moi ? »

Le serment de notre mariage, nos vœux. Si à l’époque ils étaient vide de sens, désormais, j’y croyais dur comme fer et si Keith m’avait un jour proposé de nous remarier, pour faire un véritable mariage, je les aurais prononcés de nouveau, je les aurais hurlés, tellement j’y croyais. Je n’en avais rien à faire qu’il soit aveugle ou blessé. II aurait perdu une jambe pendant un combat, cela aurait été pareil. Pour moi, il était et resterait Keith Shepard, fin de l’histoire. Et si cela le terrifiait tellement de devenir aveugle, alors je lui apprendrai à ne pas craindre la nuit. Peut-être étais je trop optimiste, mais j’avais appris à ne pas me lamenter sur les coups du sort, mais à les prendre les uns après les autres pour les surmonter. Et cette fois, ce serait pareil. Mais je n’y arriverai pas s’il me chassait.

Je ne le quittai pas des yeux alors qu’il tendit la main pour déplacer l’une de mes mèches de cheveux. C’était dans ces petits gestes, presque insignifiants, que je retrouvais mon mari. Il ne pouvait pas tirer un trait sur tout cela, n’est-ce pas ? Un éclair de découragement et de déception dut passer dans mon regard quand il refusa la discussion. Pas le moment… mais ça ne serait pas à la veille du départ qu’il faudrait en parler… Toutefois, nous n’arriverions à rien là. En dix ans de mariage, j’avais appris à le connaitre, et même si j’étais bornée, je savais que lui aussi et qu’un bras de fer ne nous mènerait à rien. Autant grimper pour maintenant. Je le laissai reprendre ses lunettes et considérer que j’avais donné à notre fils mon côté têtu… C’était possible et j’en souris doucement. Matt ressemblait physiquement à Keith… bien plus qu’à moi. Et il avait aussi certains de ses gestes. Notre bébé… Je me souvenais comme si c’était hier de la période où il était tout petit, où je passais mes journée à le bercer… la première fois où il avait marché… ça me faisait mal de me dire que c’était terminé, que nous ne connaitrions plus jamais cela. Je le laissai me contourner, pour se remettre en marche… Je me mordis simplement la lèvre inférieure quand il évoqua la possibilité que ce soit notre dernière ascension. Il n’y avait rien à répondre à ça.

Je lui emboitais le pas quand il parla de la compétition de surf. Si Eliott m’avait appris à nager, c’était Keith qui m’avait enseigné le surf. Parce que selon lui, une vraie hawaïenne devait savoir surfer… Il apprenait d’ailleurs ce sport à Matt également. J’accélérai le pas, pour arriver à sa hauteur et glisser ma main dans la sienne.

« Il y aura plein d’autres choses à faire. Et cette compétition de surf… C’est qu’une compétition de surf. On s’en fiche, l’important c’est l’ambiance. Je ne suis même pas sûre que cela vaille le coup de participer, on serait tout aussi bien avec Matt qui s’amusera, dans tous les cas. »

Je ne voulais pas qu’il fasse de bêtises… Qu’il prenne le risque de se prendre une planche sur le crâne et que son cauchemar devienne réalité plus vite que prévu. Je voulais qu’il ait au moins eu le temps d’accepter, avant que les ombres ne l’envahissent. Pour l’instant, ce n’était toujours pas le cas. Mais je ne lui interdirais pas. Ce serait une connerie. Il s’en voudrait. Mais il n’était pas ma chose et il n’était pas un enfant, je ne pouvais… qu’accepter et rester auprès de lui pour le soutenir. J’espérais toutefois qu’il réfléchisse et ne prenne pas de risque. Je gardais le silence le temps du trajet. Je ne tombais plus cette fois, même si mon esprit n’était toujours pas à la balade. Je pensais à tout un tas de choses. Quelques idées germaient dans mon esprit… mais j’attendrais d’être arrivée là-haut, je ne voulais pas le braquer immédiatement. Et au moins, une fois au sommet, s’il était en colère, il serait bien obligé de se calmer pour redescendre.

Une fois au pied du volcan, je m’arrêtais un instant, jetant un œil au sommet. C’était sacrément haut, avec un beau dénivelé. Une pause bien méritée s’imposerait une fois là-haut. Rien que nous deux… Je tournai la tête vers Keith.

« C’est une des premières choses que j’ai vues, quand je suis arrivée à Hawaï. Il m’a toujours fasciné. C’est… un peu comme la vie. La montée est difficile, il y a tout un tas d’obstacles à surmonter… Avec parfois des sentiers tranquilles… Toute ma vie, je me suis battue, j’ai dû faire face à des obstacles. Et j’ai eu dix ans de bonheur. Là, on va se reprendre les pieds dans des sentiers compliqués, mais regarde ce qui nous attend… Si Eliott avait baissé les bras à l’époque, si tu m’avais considérée comme un fardeau il y a dix ans… si on avait considéré ma grossesse comme un fardeau, tu n’as pas idée des choses merveilleuses qu’on aurait loupées. Allez, grimpons, et allons voir ce fameux paysage et si ça devait être la dernière fois, alors autant la rendre inoubliable, non ? J’ai un plaid dans mon sac et… » Je me rapprochai de lui, me hissai pour porter mes lèvres à son oreille « Je ne suis pas contre l’idée d’une petite sieste là-haut… »

Je déposai un baiser dans son cou et sur ses lèvres, avant de me confronter à la montagne. J’étais prête pour la montée. Je savais qu’il assurerait mes arrières pour les passages difficiles, car il y avait toujours une zone que je ne passais qu’avec difficultés.
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Lun 17 Mar - 21:01


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through

Je mettrai ma vie entre tes mains sans hésiter car j’ai une confiance aveugle en toi. C’est mon manque de confiance actuel et cette peur qui me font douter de tout, surtout de moi. Ce fut ce que j’aurais pu dire à Sahana en réponse à sa question. A quoi bon répondre, mon visage dut être plus expressif que des mots. Je tentai d’oublier l’inévitable mais si j’avais le malheur d’y songer ne serait-ce que quelques secondes, il me déroutait. Je ne savais plus quel sentier emprunter. Depuis combien de temps n’avais-je pas passé une journée entière sans avoir de sombres pensées ? Aucune depuis quasiment un an, il y avait toujours quelque chose qui venait obscurcir mon humeur. Comme le fait que nous gravissions peut être pour la dernière fois ce volcan. C’était une possibilité à envisager mais par laquelle je refusai d’être obnubilé. Alors je mentionnai cette compétition de surf, organisée par la ville d’Honolulu en partenariat avec la base. Une journée de détente avec un esprit de compétition amicale qui opposerait les locaux aux militaires. Autant auparavant, cette future journée m’aurait enthousiasmé car il était question de surf, autant cette fois…

Je sentis soudain une main se glisser dans la mienne. Ma femme m’avait rattrapé et marchait à présent à ma hauteur. Mes doigts se refermèrent sur les siens, entrelaçant nos mains. Elle ne m’interdit pas de participer à cette compétition mais derrière ses propos, je perçus l’inquiétude, bien présente. La même que la mienne si ma tête venait à subir un choc trop important. « J’aiderai sans y participer officiellement. Mais les Shepard ne peuvent pas rater une compétition de surf, c’est comme une tradition familiale. Alors si je ne peux pas la faire… Et sauf si tu veux que Matt se dévoue, ce qu’il fera tant il adore ce sport… Tu n’as plus qu’à te porter volontaire madame Shepard. Mais on peut tout aussi bien prévoir quelque chose d’autre en famille ce jour-là. » Ma main se resserra sur celle de Sahana. Je ne lui mettais aucune pression et ne la poussai pas du tout à s’inscrire à la compétition de surf. Une journée avec Matt et elle me conviendrait tout aussi bien. Pourtant si elle souhaitait participer, je ne souhaitais pas qu’elle se sente coupable de le faire car moi je ne pourrai pas. Au contraire, je serai fier d’elle tout comme j’étais fier de notre bonhomme quand il s’appliquait à écouter tout ce que je lui disais sur le surf.

Quelques mots furent encore échangés puis le reste du trajet s’effectua en silence. Au bout d’un moment, on parvint enfin au pied du volcan. Il ne restait plus qu’à le gravir. Ma tête se redressa vers son sommet. Je l’observai au loin comme si je le découvrais alors que ce n’était pas la première fois que nous venions.  Sahana compara la montée à la vie, parfois difficile. Une fois au sommet, pouvions-nous dire qu’on trouvait quelque chose de doux qui apaisait nos maux ? Je n’en étais pas certain. Pourtant, elle n’avait pas tort. Si je n’avais pas compris pourquoi Eliott était revenue avec elle d’Inde, si je n’avais pas fait cette promesse à mon ami avant qu’il ne meurt… Sans doute ne serions-nous pas mariés à l’heure actuelle et il n’y aurait jamais eu Matt. La vie avait dressé des obstacles imprévus sur notre route et chaque fois nous les avions franchis mais à présent celui qui se dressait devant nous n’était pas le pire d’entre tous, pourtant il était bien présent et impossible à oublier. Quoique si elle évoquait que cette excursion soit inoubliable, je voulais bien le mettre de côté quelques heures.

« Que l’homme qui t’a pervertie ces dernières années pour avoir de telles pensées soit damné. » murmurai-je contre ses lèvres avant qu’elle ne s’écarte de moi. Il fut dès lors temps d’attaquer l’ascension et j’emboitais le pas à Sahana, marchant derrière elle, me calant sur son rythme. De temps en temps, ma main se posa sur sa hanche pour l’aider. A un moment, je la dépassai, prenant les devants pour franchir une petite brèche en sautant par-dessus. Je me retournai alors pour lui faire face, lui tendant une main pour l’aider à franchir ce passage. Je lui désignai d’un signe de tête la brèche, un petit sourire aux lèvres. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare… » Je serai toujours présent pour elle, quoiqu’il arrive. Indirectement, je répondais enfin à cette demande de promesse qu’elle m’avait faite, à ma façon, comme d’habitude. Peu importait si elle devait partir un mois, six mois ou un an, à son retour, je serai toujours présent, peut-être pas indemne mais incapable de la quitter. Elle était l’une de mes deux raisons de vivre, je me sentais meilleur en sa présence, non parfait mais seulement moi.
   
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Mar 18 Mar - 19:03


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

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A Jaipur, je n’aurais pas dû être heureuse. Je me serais peut-être mariée aussi – voire plus jeune – que je ne l’avais fait, j’aurais eu une ribambelle d’enfants que je n’aurais pas pu nourrir, des enfants que j’aurais pu voir mourir. Mais ma vie avait pris un tout autre tournant. J’avais épousé un homme que je connaissais mal, et j’en étais tombée amoureuse. Nous avions eu un seul enfant – notre bébé – bien qu’on aurait pu en avoir d’autres. Et je vénérais leurs vies. J’aurais tout donné pour que Keith n’ait pas à endurer son épreuve. Si j’avais pu prendre sa maladie, je l’aurais fait, mais c’était impossible. Je pouvais juste marcher à ses côtés, quels que soient ses choix. Et ce même s’il décidait de participer à cette compétition de surf. Encore une chose que je ne connaissais pas, en Inde. La mer, l’eau, le surf… J’avais vu l’océan pour la première fois de ma vie à plus de quinze ans, quand Eliott m’avait ramenée… Je m’étais baignée pour la première fois à Hawaï et je me souviens que j’étais à la fois terrifiée et fascinée par cette étendue bleue et scintillante. Je serais bien incapable de décrire la sensation qui m’avait envahie quand j’étais entrée dans l’eau… Par contre, ce fut Keith qui m’initia au surf, après notre mariage. Les premières séances s’étaient d’ailleurs avérées laborieuses, tant je manquais d’équilibre sur cette planche. Mais c’était sans compter sur mon côté borné et les capacités de pédagogues de Keith, qui pratiquait ce sport depuis toujours. Dès que Matt fut en âge, mon mari se chargea de lui enseigner les rudiments de cet art… Et je devais avouer que mon fils avait véritablement du sang hawaïen dans les veines tant cela semblait une seconde nature chez lui. Pourtant, même si je n’étais pas d’une nature inquiète, mon côté maternel ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter que je le voyais sur les vagues, aussi petites soient elles. Et le saligaud le savait et jouait sur la corde sensible. Au moins serait-il raisonnable… Même s’il participait à toutes les compétitions, Keith ferait une exception. Pour lui et pour nous. Par contre…

« Ça va ! Ça va, ne sors pas la carte de la tradition familiale. Tu as gagné, je la ferai cette compétition, mais il est hors de question que Matt aille surfer dans ces spots, même sous ta responsabilité. Pas encore… Et soyez sympa pour mon gage si je ne suis pas à la hauteur des Shepard… »

Jusqu’à présent, Keith avait emmené Matt surfer sans des coins où les vagues n’étaient pas encore trop hautes ou trop dangereuses. Mon fils nageait comme un poisson dans l’eau, mais je n’arrivais pas à me faire à l’idée qu’un jour mon petit garçon irait sur les spots réservés aux surfeurs accomplis. Même s’il avait huit ans, il était toujours mon bébé et si j’étais fière de lui quand il était sur sa planche, je me liquéfiais au moindre raté. Je n’étais toutefois pas naïve. Je savais ce qu’il faisait… Il avait compris que je ne participerais pas pour ne pas lui faire du mal en lui rappelant ce à quoi il n’avait plus droit. Or, il refusait. Il ne voulait pas que je change mes habitudes ou que je me restreigne pour lui. Et c’était admirable.

« On se prendra quand même une glace tous les trois, après. »

Comme ça, nous allierons compétition et sortie familiale. Mais pour l’heure, nous avions un autre défi à relever : Diamond Head. Et si c’était la dernière fois que Keith devait y grimper, et qu’il devait admirer le panorama, alors j’étais bien décidée à ce qu’il ne se morfonde pas, mais qu’il en savoure chaque instant, pour le rendre inoubliable. Faire un dans cette épreuve. Faire un au sommet de ce volcan. Il ne dirait pas non à cela tout de même ?

« Je parlais juste d’une sieste, monsieur Shepard… Vous avez l’esprit bien mal tourné… »

Bon, d’accord, je ne parlais absolument pas d’une chaste sieste, mais après tout, il était responsable. C’était lui qui m’avait initiée aux plaisirs de la chair. Alors oui, qu’il soit damné mon seul et unique, l’homme de ma vie. J’ouvris ensuite la marche, pour attaquer l’ascension. Le sentier était escarpé et mettait les muscles à rude épreuve, mais nous avions un bon rythme. Quand j’avais dû perdre mes kilos de grossesse, quand j’avais dû remuscler mon corps, nous étions venus ici, alternant les phases de marche, et les progressions au pas de course. Keith s’était révélé un coach particulièrement stimulant. Alors nous avancions, plutôt facilement, surtout que je pouvais toujours compter sur lui pour m’aider à garder mon équilibre lors de passages glissants. Jusqu’à ce qu’on arrive au fameux passage.

Je faisais un blocage dessus depuis des années. Depuis ma première grimpée où je m’étais totalement ratée. A l’époque, j’avais glissé et dévalé sur plusieurs mètres de dénivelé. Les pierres m’avaient arraché la peau mais je ne m’étais, par chance, rien cassé. Sauf que depuis… Ce passage me hantait, et je finissais toujours par mal poser mon pied ou par mal évaluer la distance entre les parois. Keith le savait et voilà pourquoi il venait de me dépasser. Cela paraissait si facile pour lui. J’étais pilote, j’allais beaucoup plus haut que cela, j’avais fait des manœuvres mille fois plus dangereuses… Et pourtant, je bloquais sur ce foutu passage. Et j’entendis ses mots. Les mots de notre mariage. Mon regard passa de son visage à sa main, puis à la brèche. Elle me faisait peur cette saleté de brèche… mais vu à quel point je cassais les pieds de Keith avec le fait qu’il ne devait pas avoir peur de ce qui allait arriver… et surtout… Il venait de dire qu’il ne m’abandonnerait pas, qu’il ne me chasserait pas. Je lui souris, un peu angoissée tout de même.

« Je préfèrerais que ce ne soit pas aujourd’hui. »

Non… même si nous ne devions plus avoir d’enfant, même si un jour nous ne ferions plus toutes les choses qui rythmaient actuellement nos vies, j’avais encore un milliard de moments à vivre avec lui. J’avais 29 ans et je le voulais pour le reste de ma vie que j’espérais très longue. Même si j’étais soldat, je m’imaginais très bien grand-mère, lisant un livre avec lui sur le pas de la porte en attendant nos petits-enfants. Je pris mon courage à deux mains et une profonde inspiration. Je reculai de quelques pas pour prendre l’élan nécessaire… et je me lançai. Est-ce que j’avais respiré ? Est-ce que mon cœur s’était arrêté ? Possible. Je sus juste que j’avais attrapé sa main avant que mes pieds ne touchent le sol. Je n’ouvris pas les yeux avant de sentir Keith tout contre moi. Dans ses bras, je me sentais mieux. Tellement en sécurité.

La suite se passa sans encombre. Sans paroles inutiles aussi, pour optimiser nos forces et notre respiration… Jusqu’à ce qu’on atteigne le sommet. Le soleil était haut dans le ciel et je tendis mon visage vers lui, pour sentir sa caresse contre ma peau. Je souriais, les yeux fermés, ouvrant grands les bras pour accueillir sa chaleur et la brise qui soufflait malgré tout.

« Ferme les yeux et sens cette chaleur. Elle nous pénètre complètement, comme en Inde. »

Je sentais sa présence, à Keith. Etrangement, je savais exactement où il était.

« Est-ce que tu... as peur de m'oublier ? »

D'oublier les traits de mon visage, les courbes de mon corps... Je me doutais que ce serait l'une de ses plus faibles peurs et qu'il craindrait beaucoup plus de ne plus pouvoir protéger Matt, mais il fallait prendre chaque crainte l'une après l'autre. Et j'avais besoin de cerner les démons de mon mari.
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Mer 19 Mar - 22:07


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through

J’obtins gain de cause mais n’eus qu’un très mince sourire en guise de victoire. Sahana participerait à la future compétition de surf tandis que Matt et moi l’encouragerons du bord de la plage. Ce n’était pas une obligation de la faire, même pour empêcher notre fils de se porter. Nous savions l’un comme l’autre que je ne le laisserai pas aller se tuer sur des vagues qui ne feraient qu’une bouchée de lui. Mais en prétextant l’excuse de la tradition familiale, je trouvai un prétexte pour que ma femme ne se prive pas pour moi. Par contre, il faudrait que j’ai une discussion avec mon fils, pour savoir quel gage on imposerait à sa mère si elle terminait dans les derniers. La priver de glace ? En guise de gage pour Matt, cela pouvait suffire. De mon côté, peut-être que si je menaçais de la priver de câlins… Elle se surpasserait. Car nous avions tous les deux l’esprit mal tourné, quoiqu’elle puisse en dire.

Pourtant, on se tint bien pour grimper le flan du volcan, progressant sur un bon rythme sans que celui-ci ne nous mette dans le rouge et grille notre énergie pour le restant de la journée. On parvint même jusqu’à ce passage que Sahana n’aimait pas pour s’y être blessée quelques années en arrière. Je lui tendis une main, l’encourageant à la prendre pour traverser, déclarant de manière indirecte que je ne l’abandonnerai pas, peu importait ce que le futur nous réserverait encore. Je ne la quittai pas du regard tandis qu’elle prit un peu d’élan. Puis elle se lança, mes doigts se refermèrent sur les siens. A peine eut-elle touché le sol que je l’attirai contre moi, refermant mes bras autour d’elle un court moment. Juste le temps de la rassurer, celui de me sentir mieux, puis on se remit en route.

On finit par atteindre le sommet, nous décidant enfin à nous arrêter. Le visage de ma femme se redressa vers le soleil. Ses bras s’étendirent de chaque côté de son corps. Elle profitait de l’instant. Quant à moi, je restai à proximité, à peine deux mètres. Je m’assis sur un rocher, regardant autour de moi. Elle m’invita à fermer les yeux mais je ne pus me résoudre à le faire, ayant ce besoin de m’imprégner de l’endroit. Fermer les paupières à cet instant me ferait trop penser à ce qui m’attendait. Alors, je restai assis là, à côté, dans le silence. Je ne bougeai pas alors qu’elle me demanda si j’avais peur d’oublier.

« Peur de t’oublier alors que je suis un homme chanceux qui ne verra pas les rides apparaître sur le visage de sa femme et qui n’aura donc pas envie de s’en trouver une plus jeune ? » Je plaisantai. Il y eut un silence. Mon regard se perdit dans le lointain. « C’est plus profond que ça. » Ma peur était bien plus dévorante pour le moral, beaucoup plus angoissante. Je ne tournai pas la tête pour la regarder. De toute manière, à la longue, j’arrivais à sentir quand son regard pesait sur moi. C’était peut-être un moment propice, un de ceux qui nous permettent de nous lancer pour alléger notre conscience avant qu’elle ne soit de nouveau accablée. « J’aurais préféré que mon hélico se crashe... J’étais préparé à cette éventualité, en me réveillant, j’aurais été mis devant le fait accompli. Ne plus voir, changer ma façon de vivre pour m’adapter. Tandis que là… L’attente est en train de me tuer à petit feu. Ne pas savoir s’il me reste une heure, un mois ou un an… Je dois continuer à vivre en m’attendant au pire à tout instant. Je dois garder cette crainte pour ne pas la transmettre à Matt, qu’il garde cette insouciance qu’il doit avoir à son âge. Et je ne peux pas m’empêcher de me dire que je vais défaillir dans mon rôle de parent. Je suis censé protéger notre fils, l’aider pour qu’il se construise. Bientôt ça ne sera pas moi qui lui tiendrai la main pour qu’il traverse la rue mais l’inverse… J’ai l’impression que je vais lui voler une partie de son enfance. » Ceci et l’attente, c’était vraiment ce qui me torturait le plus intérieurement. J’étais habitué à avoir des délais, des fourchettes de temps. Jamais je n’avais vécu dans l’incertitude comme c’était le cas depuis presque un an.  

   
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Jeu 20 Mar - 18:28


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

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A chaque fois que l’un de nous manquait de tomber, l’autre était là pour le rattraper. Un savant équilibre s’était instauré entre nous, sans que l’on ne s’en aperçoive, sans que l’on s’en rende vraiment compte. Parce que c’était venu naturellement. J’avais une confiance absolue en lui et ce fut cela, et seulement cela qui me donna le courage nécessaire pour sauter. S’il ne m’avait pas accompagnée, j’aurais soit attendu des heures avant de sauter, soit j’aurais bougé au ralenti, soit j’aurais fait un détour de plusieurs heures pour l’éviter. Mais il était là, et si je lui demandais d’affronter sa peur et de faire le grand saut à mes côtés, il fallait que j’en fasse de même.

Comme promis, il était là, et nous sommes parvenus à atteindre le sommet. Le cratère de Diamon Head. La vue était certes splendide, mais ce n’était pas cela qui m’intéressait. Non. Je fermai les yeux et laissai les rayons du soleil m’envelopper. Le silence, la nature, la chaleur. J’étais fatiguée, mais sereine, et j’espérais que cela ait le même impact sur Keith. Je ne l’abandonnerai pas, aussi pénible soit sa route, je l’emprunterai avec lui. Mais pour cela, j’avais besoin de comprendre. Je ne pourrai jamais ressentir ce qu’il éprouverait, mais je voulais en avoir au moins une idée, pour cerner cet obstacle qui s’était dressé entre nous et qui avait failli avoir la peau de notre couple et qui avait mis un point final à notre désir d’agrandir la famille. Je commençai par ce qui, à mon sens, serait sa crainte la plus faible. M’oublier. Oublier mon visage, oublier celui de notre fils, même si je ne prononçai pas les mots.

« Si tu me quittais pour une plus jeune on finirait par croire que tu aimes faire jaser sur la base. »

Je riais en disant cela. Des ragots méprisants, on en avait affrontés dans les premières années de notre mariage. Treize ans de différence… pour certains cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : Keith était dérangé et moi j’étais une arriviste qui profitait de son argent et de son statut. Qui cela effleurerait que l’on puisse juste s’aimer ? Ceci dit, il n’avait pas tort… Les rides finiraient par se dessiner sur mon visage. Sauf qu’il les verrait. Parce qu’on ne voyait pas qu’avec les yeux. Non… C’était plus profond que cela. Je ne voulus pas forcer la confession. S’il ne désirait pas en parler, je ne l’obligerai pas. J’avais d’autres cartes à jouer de toutes manières, peut-être un peu plus « violentes » que le dialogue. Pourtant, il reprit la parole après une pause, et je tournai ma tête vers lui. A nouveau, il ne me regardait pas, comme s’il voulait, ou pouvait mener ce combat seul. Ou comme s’il avait peur de craquer. Je n’étais même pas sûre qu’en dix ans de mariage et de vie commune je l’aie vu craquer. Je demeurais silencieuse. J’intégrai chacun de ses mots, en me déplaçant lentement, jusqu’à passer derrière lui, m’accroupir et passer mes bras autour de ses épaules, pour poser mon menton au creux de son cou lorsqu’il évoqua sa crainte d’être un mauvais père. Je désirais lui transmettre un peu de ma force, de ma confiance en l’avenir, de mon optimisme. Je comprenais ses craintes vis-à-vis de Matt. Lorsque j’étais partie, en 2011, j’avais eu le temps de penser à tout ce qui se passerait s’il m’arrivait quelque chose. Si je perdais un bras, comment le prendrai-je encore sur moi ? Si je perdais une jambe, comment pourrai-je surfer avec lui ? Ces questions, tous les soldats ayant des enfants se les étaient déjà posés… Mais Keith avait raison… la grande différence c’est que si j’étais mobilisée, le danger serait limité dans le temps. Pas pour lui, et cela, c’était injuste. Je déposai un baiser sur sa peau, avant de faire danser mon nez sur sa joue.

« C’est ce qu’Eliott disait. Quand on est sur le front, ce n’est pas le combat le plus terrifiant, mais l’attente. Je n’ai jamais connu ça, et je sais qu’il t’aurait bien plus aidé que moi… à moins qu’il ne t’aie tué avant pour avoir volé mon innocence. »

C’était une chose que je m’étais déjà demandé : qu’est-ce qu’Eliott aurait pensé de Keith et moi – s’il y avait eu un « Keith et moi » sans que le destin nous rapproche – lui qui était si soucieux et si vigilants à l’encontre des garçons qui m’avaient approchée. Peu importait dans le fond, lui, il aurait trouvé les mots pour rassurer.

« Notre bébé est déjà grand tu sais. Il dort déjà chez un copain, bientôt il… Chéri, notre fils a deux parents militaires. Il a des parents qui partent régulièrement, parfois pour longtemps. Il vit sur une base où il a pour copains des fils et des filles de militaires, qui savent qu’ils risquent de ne pas revoir leur papa ou leur maman quand ils s’envolent d’Honolulu, qui ont des parents blessés, mentalement ou physiquement. Mon amour, on peut croire ce qu’on veut, nos enfants, ici, sont déjà grands, ils savent. Même s’ils ne le disent pas. Ils parlent, ils ne sont pas dupes. Et je pense, au contraire, qu’il faudrait le lui dire. Il faut qu’on tourne cela en jeu pour lui. Plus on s’y prendra tôt, plus ça lui semblera… normal, même si nous on sait que cela ne l’est pas. Et pour avoir perdu deux pères, je peux t’assurer que notre fils sera toujours heureux et fier de t’avoir comme père, même aveugle, et qu’il préfèrera sans aucune commune mesure cela au fait qu’on vienne un jour lui donner un petit drapeau bien plié en guise de père. »

J’avais prononcé le mot, volontairement. Oui, Keith serait aveugle. Oui, ce serait difficile, mais Matt et moi ne l’aimerions pas moins, et il serait toujours un bon père. Nous étions soldats tous les deux, nous ne lui offrions donc pas une enfance comme les autres, mais cela ne faisait pas de nous de mauvais parents. Je me relevai tout à coup, pour aller chercher quelque chose dans mon sac. J’en tirai un bandeau, avec lequel je jouais en revenant vers mon mari et en m’agenouillant devant lui, avant de braquer mes yeux dans les siens, refusant qu’il se dérobe à moi.

« Tu ne dois pas attendre que cela arrive. Tu dois vivre normalement. Tu crois que j’aurais réussi à parler cette langue ou à nager si j’avais vécu chaque seconde dans l’angoisse qu’on me ramène en Inde ? Non. Si Eliott avait eu peur de cela, s’il avait attendu que cela arrive, s’il avait redouté qu’on l’arrête pour cela, il m’aurait enfermée chez lui, m’empêchant de vivre ce qu’il n’a absolument pas voulu. J’ai vécu – on a vécu – chaque seconde sans penser que cela pourrait être la dernière, que tout pourrait s’arrêter du jour au lendemain. C’est grâce à ça qu’on a vécu, et c’est ce que tu vas faire. Mais tu ne dois pas avoir peur de l’obscurité. Il faut que tu l’apprivoises, comme on s’est apprivoisés. »

Je glissai le bandeau dans ses mains et mes doigts se refermèrent sur les siens.

« Tu ne te souviens peut-être pas de ce détail, mais quand on a fait l’amour pour la première fois… tu sais que c’était aussi « ma » première fois et j’étais morte de peur. J’ai fermé les yeux presque du début à la fin et pourtant crois-moi tu es particulièrement beau. Je n’ai ouvert les yeux que quand j’étais bien, rassurée, et que tu as remis une de mes mèches derrière mon oreille. Je ne regrette pas… Parce que ne pas voir à ce moment-là, ça a multiplié toutes mes sensations. Je sentais ton souffle, je devinais où tu allais me toucher, j’anticipai tes caresses, je ne savais pas quand ça allait arriver et cela me faisait vibrer. Je devais te découvrir avec mes mains, et c’est la première fois que j’ai remarqué que tu avais une cicatrice sur le flanc gauche… juste là… »

Je glissai mon bras entre le sien et ses côtes, avant de laissai courir nonchalamment mon doigts sur le tissu. Exactement là où elle était. Assez haute, presque invisible à découvert et totalement insoupçonnable sous son maillot.

« J’ai essayé de voir cette cicatrice… J’ai mis plusieurs jours à devoir t’inspecter nu sous toutes tes coutures sans que tu ne t’en rendes compte pour la retrouver. Alors que le soir, quand je fermais les yeux, je savais immédiatement où elle était. Parce que je l’avais appris… physiquement. J’avais comme… une mémoire charnelle. Comme la cicatrice à ton épaule, tu te rappelles, quand tu as voulu jouer au preux chevalier en m’évitant une mort par planche de surf. Même si j’ai vu l’accident, je ne peux te dire qu’à peu près où elle est. Alors que celle-là… je sais exactement. C’est nul ce que je dis, mais je t’assure que tu peux apprendre, que tu peux nous protéger, que tu peux être un bon mari et un super papa. Parce que tu nous connais, et que tu vas apprendre à connaitre et à voir autrement le monde. »
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 30 Mar - 19:34


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through

Nous nous trouvions en quelque sorte sur le toit du monde. Celui que l’on pouvait définir comme le nôtre en cette journée. Une magnifique vue, un silence interrompu seulement par quelques bruits dans la nature, une faible brise qui soufflait et effleurait nos peaux. Le cadre était idyllique, un parmi tant d’autres dont recelait l’île. Il fallait juste connaître les bons coins, les versants que les touristes n’empruntaient pas et dont les locaux gardaient jalousement le secret. Ainsi, dans ce cadre de rêve, propice à la confidence, certains mots commencèrent à sortir. Des peurs, des craintes, des paroles tues, impossible à prononcer dans un appartement au risque que des oreilles d’enfant ne trainent et les entendent. Au-delà de mes propres peurs, je m’inquiétai pour mon fils. Je craignais de lui voler son enfance, de le faire grandir trop vite. Il méritait une enfance normale même si ce terme n’existait pas vraiment sur une base militaire. C’était juste différent, et il fallait vivre avec.

Sahana me prit dans ses bras, calant sa tête dans mon cou. Ma main recouvrit la sienne et je m’abandonnai un instant au réconfort de cette étreinte, acceptant enfin de fermer les paupières à son contact. Cela dura jusqu’à ce que je sente ses lèvres effleurer ma peau. A cet instant, je rouvris les paupières, ne bougeant pas. Je ne repris pas la parole, l’écoutant à mon tour. L’évocation d’Eliott me rendit sur le moment nostalgique. Il avait été un pilier dans ma vie, surtout après la mort de mes parents. Il avait été un membre de ma famille, davantage que ma famille maternelle à qui je ne retournai pas les coups de fil, ni les cartes de vœux chaque année. De toute manière, pour le peu que je recevais de leur part, c’était comme si je n’existais pas pour eux, tout comme ils ne faisaient pas partie de ma vie. « Eliott vivant, je n’aurai jamais posé mes yeux sur toi. J’aurais eu droit au peloton d’exécution avant même de songer à te voler ton innocence. » J’eus un petit sourire à l’évocation de mon défunt ami. Au cours des dix dernières années, je m’étais parfois posé la question. Eliott aurait-il donné sa bénédiction pour notre mariage ? Nous avions eu des discussions lui et moi. Parfois il me parlait de gars dont il trouvait qu’ils posaient des regards trop intéressés sur celle qu’il considérait comme sa fille. S’il n’avait pas été si bien élevé et respectueux, je crois qu’il n’aurait pas hésité à jouer des poings de temps en temps pour leur faire passer sa manière de penser. L’aurait-il fait avec moi si j’avais posé ce genre de regard sur Sahana ? Nous ne le saurions jamais. Eliott était quelque part, avec mes parents. Sahana et moi étions bien dans le monde des vivants, et notre avenir portait comme prénom Matt.

Et il grandissait, beaucoup plus vite que prévu. A cette allure, notre bonhomme allait me parler de filles avant même que je ne sois prêt à répondre à toutes ses questions. Avoir ce genre de discussion avec lui me semblait moins dérangeant que d’évoquer ma future cécité. Ma femme conseilla de lui parler au plus tôt. Je baissai la tête. Pour le moment, je m’en sentais incapable. Même en le tournant sous forme de jeu, je n’avais pas le courage de dire à mon fils qu’il aurait bientôt un père aveugle, de voir son regard quand il comprendrait que tout ce qu’il me montrait parfois avec plein d’enthousiasme, il ne pourrait plus le faire. « Je suis incapable de lui dire pour le moment… Je ne peux pas. » Je bloquai. Peut-être bien que je n’étais qu’un trouillard dans le fond, que derrière cette allure de militaire haut gradé, cette assurance, il y avait une faille, une plaie profonde qui prenait le dessus sur tout. Je ne me rendis même pas compte sur l’instant que Sahana s’était éloignée. Je ne le fis que lorsqu’elle revint s’agenouiller devant moi. Son regard se braqua dans ma direction cherchant le mien à travers mes lunettes de soleil. Mes yeux se fixèrent sur ce bandeau qu’elle tenait en main. A quoi est-ce qu’elle jouait. Ce n’était tout de même pas pour… Je compris où elle voulut en venir avant même qu’elle ne glisse le bandeau dans ma main.

« Non, oublie cette idée. » Mais tentez de dire ceci à une femme qui a une idée derrière la tête et qui veut y parvenir, c’est peine perdue. Surtout quand elle s’appuie sur quelque chose comme notre première fois qui fut en même temps sa première fois à elle. Je le savais quand nous avions franchi le pas, j’avais redoublé de douceur pour ne pas lui faire mal, prenant mon temps pour qu’elle s’ouvre à un nouvel univers et découvre des sensations nouvelles. Je voulus lui faire signe de s’interrompre mais elle était lancée. Ma femme était une grande bavarde quand elle s’y mettait et il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre que ça se calme. Alors je me contentai d’écouter ce qu’elle avait à dire, les allusions qu’elle fit sur mes cicatrices. Je compris la portée de ses paroles mais ne réussis pas à les digérer, obnubilé par l’idée dont je pensais qu’elle avait et qu’elle voulait qu’on tente.

Quand elle eut enfin terminé, je retirai mes lunettes de soleil pour les accrocher à mon tee-shirt. Puis je tendis ma main dans sa direction pour lui tendre le bandeau. « Je sais ce que tu as en tête mais je ne le ferai pas. N’insiste pas, je ne changerai pas d’avis. Je comprends tes propos mais… Tu savais que tu allais rouvrir les yeux pour voir. La cicatrice que tu as trouvée avec tes doigts, tu as pu vérifier son existence et son emplacement en la cherchant du regard. Je ne pourrai plus le faire, je ne pourrai plus me rassurer en ouvrant seulement les paupières, en me disant que j’étais dans un monde temporaire. Je... Merde, ce n’est pas simple de renoncer à un mode de vie auquel je suis habitué depuis 40 ans. Un enfant peut s’adapter vite mais un adulte de mon âge... C’est juste terrifiant et parfois j’ai envie de tout envoyer promener Hana. J’ai l’impression de régresser plutôt que d’avancer. » J’étais trop concerné, et elle également. Beaucoup trop pour que j’accepte ses conseils. Elle était ma femme, non un psy et c’était peut-être bien là le fond du problème qui m’empêchait d’accepter et d’avancer. Je n’avais jamais vraiment eu de discussion avec une personne neutre, ne me connaissant pas du tout.

   
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 30 Mar - 21:01


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

I'll give you strength to pull through
Parfois, je repensais avec nostalgie à mon passé en Inde. Car finalement là-bas, même si la vie était difficile, certaines épreuves paraissaient plus simples. Je trouvais notamment qu’il était plus facile de devoir voler et d’avoir faim pendant des jours que de trouver les mots pour rassurer mon mari. Alors que ce n’était pas logique. A l’époque, je n’étais qu’une gamine, alors que là, j’étais une adulte et je vivais avec Keith depuis dix ans. Cela aurait dû être évident. Mais ça ne l’était pas. Rien de tout cela ne l’était. Et cela ne serait pas évident pour Matt non plus, c’était certain, mais il n’était pas idiot, il était même très intelligent – et je ne disais pas cela parce qu’il s’agissait de notre fils. Il ne regarderait pas son père comme un handicapé, j’en étais persuadée. Et quand bien même. J’aurais un milliard de fois préféré qu’Eliott soit aveugle plutôt qu’on me le ramène dans un cercueil. Eliott… Il avait été un pilier fondateur de ma vie et je savais qu’il avait aussi joué – en quelque sorte – le rôle de père pour Keith. Ou du moins de grand frère. En tout cas, il l’aimait profondément et faisait tout pour qu’il soit heureux. Peut-être que lui aurait trouvé quoi dire. Peut-être que je n’étais pas une si bonne épouse que cela si j’étais incapable de rassurer mon mari. Je n’en savais rien. Rien et cela me torturait.

Et si Eliott avait été en vie, que ce serait-il passé pour nous ? Nous ne nous étions mariés que parce que mon père ‘était plus et qu’il me fallait des papiers. On avait appris à nous aimer avec le temps, mais si Eliott était resté ? Il n’y aurait certainement rien eu… ou après des années. Il ne m’aurait pas regardée parce que j’aurais eu un père qui veillait sur sa fille. Je n’avais d’ailleurs jamais eu de petits-amis, même platoniques, avant Keith. J’aurais peut-être pu avoir un baiser, mais Eliott avait surgi sur le pas de la porte avec son arme en mains. Est-ce qu’Eliott approuverait aujourd’hui ? Est-ce qu’il nous aimerait en tant que mari et femme ? Est-ce qu’il aurait été d’accord ? Et si rien n’avait été possible entre Keith et moi ? Peut-être qu’Eliott aurait trouvé les mots et que Keith accepterait sa maladie. Dans ce cas, il serait heureux… Mais nous n’aurions jamais existé, et Matt non plus…

Je me perdais dans mes propres pensées, alors que je devais restée là, bien ancrée dans le présent, dans notre réalité. Et dans notre futur. Nous ne pouvions pas cacher à Matt la vérité indéfiniment. Je n’aimais pas regarder mon fils dans les yeux et garder un tel secret pour moi. C’était comme lorsque notre relation s’était dégradée, après que je lui aie confié mon désir d’avoir un autre enfant et qu’il s’était éloigné, jour après jour, s’absentant pendant des heures en plein milieu de la journée. Il fallait faire semblant. Semblant de nager encore dans le bonheur pour ne pas inquiéter Matt, pour qu’il ne pense pas que ses parents allaient divorcer. Mais Keith n’était pas prêt, et ce n’était pas à moi de le faire. Alors je respecterai, en espérant que Matt ne soit pas mis devant le fait accompli, qu’il ne se sente pas exclu alors qu’il aurait voulu aider et apprendre lui aussi…

« Ok, c’est entre vous de toute façon… »

Moi je voulais tenter quelque chose, je voulais qu’il apprivoise sa peur, comme nous nous étions apprivoisés. J’avais donc emporté un bandeau. Je voulais qu’il essaye, juste qu’il essaye. Il aurait pu choisir n’importe quoi, n’importe quelle activité à faire ainsi dans le noir, parce qu’il fallait qu’il affronte sa peur, ou nous n’avancerions jamais. Mais il s’avérait peu coopératif. Pourtant, si on s’était arrêté au premier « non » de Matt quand il avait appris à faire du vélo et qu’il était tombé, il serait encore avec ses roulettes. Je savais que cela n’était pas réellement comparable, mais bon sang, Keith n’aurait pas tenu trois semaines à Jaipur avec une mentalité pareille. Moi je n’étais pas décidée à baisser les bras, et je me battrai pour deux s’il le fallait. Refusant donc ce « non », je tentai de lui faire comprendre. Il pourrait apprivoiser la nuit. Il pourrait apprendre une nouvelle façon d’appréhender le monde, comme je l’avais fait quand j’étais devenue une femme. D’ailleurs, je remis notre première nuit sur le tapis. Parce que beaucoup de choses avaient changé cette fois-là, parce qu’il m’avait appris un autre mode de perception. Tout ne passait pas exclusivement par la vue dans une relation sexuelle. Tous les sens y contribuaient. J’avais mémorisé son parfum, j’avais découvert son corps du bout des doigts, j’avais goûté sa peau chaude, je m’étais nourrie de ses mots et de ses soupirs. J’avais eu l’impression de n’avoir jamais autant été au contact de l’univers ni de le connaitre autant que cette fois-là alors que je n’avais strictement rien vu. Et tout cela grâce à lui, parce que les choses s’étaient passées en douceur… Je cherchais à rétablir ce climat de confiance et cette douceur dans la découverte de quelque chose de nouveau, qui pouvait s’avérer difficile et douloureux…

J’espérais qu’il comprendrait et qu’un « d’accord » franchirait ses lèvres. Ou qu’il le ferait en ronchonnant. Mais non… au lieu de cela, il me rendait le bandeau. Un non, ferme et catégorique, comme lorsque je lui avais demandé s’il voulait un autre enfant avec moi. J’eus l’impression de me prendre une nouvelle claque, comme cette fois-là.

« Et quand j’ai débarqué, tu crois que ça a été facile. Ok, je n’avais pas 40 ans, mais j’avais 15 ans de vie bien rôdée et tu crois que je n’ai pas eu l’impression de régresser ? J’ai laissé des frères et sœurs là-bas. J’ai quitté un monde que je connaissais pour une vie dont j’ignorais tout. J’étais une aveugle quand je suis arrivée à Honolulu. Je ne parlais même pas la langue, je ne savais pas nager… tout le monde me regardait comme si j’étais un bébé dans un corps d’adolescente. J’ai dû tout réapprendre. Ne pas voler quand on a faim. Ne pas tolérer des coups de bâtons quand on a renversé quelque chose. La première fois que j’ai cassé un verre chez Eliott je me suis enfermée dans ma chambre, terrifiée à l’idée qu’il allait me frapper, parce que c’était normal chez moi. Alors oui, il va falloir tout réapprendre, je le sais bien. Je veux juste… Je veux juste être là pour toi et faire ça avec toi. »

Je détournai la tête, ma langue passant brièvement sur ma lèvre inférieure. Si moi je me mettais à perdre patience, à ne plus rien contrôler, nous ne nous en sortirions pas.

« Qu’est-ce que tu entends par tout envoyer promener ? Matt et moi ? L’armée ? J’avais vingt ans quand je suis tombée enceinte. J’étais terrifiée, je ne savais même pas vraiment ce qui allait se passer. On n’a rien envoyé promener à l’époque, pourtant c’était un sacré saut dans l’inconnu, pour toi comme pour moi.  Laisse tomber, mes exemples sont nuls et rien n’équivaut à ce que tu vis. Je voulais juste que tu essaies. Je ne te demandais pas de redescendre tout le volcan avec le bandeau, pas la première fois. Tu m’as fait l’amour en douceur pour m’apprendre ce monde que je ne connaissais pas. On aurait pu faire pareil. Tu aurais pu me faire l’amour, là, avec ce bandeau, me rhabiller en douceur, on aurait pris tout notre temps. Mais si tu as envie de tout envoyer promener… »

Il aurait pris son temps, pour reconnaitre chaque vêtement, pour deviner le sens, pour les faire glisser sur moi… Comme il le ferait si nous avions un autre enfant. On se serait ravitaillés ensuite, j’aurais même essayé avec lui, en fermant moi aussi mes yeux. J’aurais cru qu’on aurait donc profité quelques longues minutes, voire quelques heures du sommet. Avec cette sieste que je lui avais promise, d’une part, puis un déjeuner sous le soleil. Peut-être un petit entrainement les yeux bandés aussi, s’il avait joué le jeu. Mais nous n’aurions visiblement rien de tout cela. Je lui pris le bandeau des mains et le nouai autour de ma tête. Voilà, je n’y voyais plus. J’avais besoin de savoir dans quel monde il allait évoluer…

« Pour le meilleur et pour le pire, je ne te laisserai pas baisser les bras et essayer de tout gâcher parce que tu penses que ce sera plus simple. Je resterai et tu le sais. Notre famille est ce qui compte le plus pour moi et tu es le ciment de notre famille. Libre à toi de me laisser me vautrer seule ou d'être avec moi. »

Au sens propre comme au figuré. Je risquais gros avec le moindre pas de travers. Alors que j'aurais juste voulu qu'il me fasse l'amour, qu'il mémorise mon corps et mes courbes à l'aide de ses mains et de ses autres sens... Tout aurait pu être plus amusant, si seulement il avait joué le jeu. Je me relevai et marchai d’un pas résolu vers le sentier de descente. Je voulais au moins faire quelques pas dans l’obscurité pour comprendre, quitte à tomber, je me relèverai, parce que c’était comme cela que l’on fonctionnait chez les Shepard.
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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 13 Avr - 14:07


   

   
❝Keith x Sahana

   
   ♡ If you lose faith in you, I’ll give you strength to pull through
Pris au piège, je fus ainsi que je me sentis. Placé devant un fait accompli, une incitation à tester quelque chose de nouveau et ayant la sensation que si je ne me pliai pas, cela se terminerait en dispute, ou du moins que ça en emprunterait le chemin. Je ne me trompai pas vraiment. À partir du moment où je rendis le bandeau à Sahana en tentant de lui expliquer pourquoi je refusai son jeu, je sus qu’un bras de fer s’engageait. Et je ne cèderai pas, trop buté par mon entêtement, trop dépassé par mes peurs qui m’habitaient bel et bien. J’espérai qu’elle n’insiste pas, qu’elle comprenne ce que je ressentais. Douce illusion que je me fis quand elle répondit en faisant un parallèle entre sa vie en arrivant sur l’île et ce qui m’attendait. Erreur de sa part. Je pouvais être le plus compréhensif des maris, mais non à cet instant, non quand ça me touchait aussi profondément. Ce n’était peut-être que de l’égoïsme de ma part qui ressortait ou alors il était impossible d’établir un quelconque parallélisme entre nos deux histoires.

Je me mordis l’intérieur de la lèvre, non désireux de répliquer. J’avais envie qu’elle soit là mais pas ainsi, pas comme ça. Tout aurait été plus simple si j’étais capable de lui dire ce que j’attendais d’elle sauf que je ne le savais pas moi-même. Qu’elle parte ? Qu’elle reste ? Notre vie était devenue si compliquée depuis un an par ma faute. Le calvaire qui s’annonçait pour moi, je lui faisais vivre au quotidien en attendant qu’il me tombe dessus. Ce n’était pas tout le temps mais c’était régulièrement que mon comportement changeait, que je me perdais dans mes pensées, ne l’écoutant qu’à moitié. Ou que je faisais mon buté comme à cet instant, étant capable de lui sortir une abomination comme cette envie stupide, folle et non réfléchie de tout envoyer promener.

Tout comme le sien, mon regard se détourna. Je ne faisais pas allusion à l’armée, ni à notre famille. Seulement à ma personne même si le mot ne fut pas prononcé. Suicide. Est-ce que j’y avais déjà songé ? Oui, dire le contraire n’aurait été que mensonge. Est-ce que j’en étais capable ? Sûrement si plus rien ne me raccrochait à la vie. Il me restait Matt et elle, le souvenir de ce que nous avions traversé ces dernières années. Notre hésitation à garder cet enfant qui venait trop tôt dans notre vie de couple mais également dans sa carrière. Nous n’avions pas pu sauter le pas pour nous en séparer à l’époque, et nous avions tenu bon jusqu’à sa naissance, et encore aujourd’hui. Mais cette fois, l’épreuve ne concernait que moi. J’excluais ma femme. Je rejetai ses tentatives pour me venir en aide. Je ne pouvais pas imaginer redescendre le volcan avec son bandeau sur les yeux. C’était juste stupide comme idée, en tout cas, je la perçus ainsi. Je soupirai, secouant légèrement de la tête. Puis quand je relevai le regard, me décidant à affronter de nouveau le sien, j’eus la mauvaise surprise de découvrir qu’elle venait de se mettre son bandeau sur les yeux.

« A quoi tu joues Hana.. »
Ma voix raisonna, comme un léger grondement. Je connaissais la réponse. Quand j’eus le réflexe de me remettre debout sur mes jambes, il était déjà trop tard. Elle s’élançait sur le sentier, sans rien y voir. J’abandonnai aussitôt le sac à dos, ne songeant pas à le ramasser pour m’élancer à sa poursuite. Il ne me fallut guère de temps pour la rattraper. Ma main empoigna son bras pour la stopper. « Arrête ! »   De l’autre, je lui retirai le bandeau pour plonger mes prunelles azur dans son regard. Quoique vu mon état d’esprit et mon humeur à cet instant, la couleur azur de mes yeux devait virer dangereusement sur le gris. « Tu crois que c’est en te tuant sur ce volcan que tu vas m’aider ? Le ciment de ta famille, il est fissuré de toute part, il prend l’eau et je suis incapable de colmater les fuites pour le moment, tu comprends ?! C’est trop grand, je n’arrive pas à accepter, à tirer un trait sur certains de mes rêves. Mais le pire c’est de savoir que tu vas renoncer à certains des tiens pour moi. » Comme son désir de second enfant. Mes doigts se resserrèrent un bref instant sur le bandeau, puis d’un geste brusque je le jetai plus loin sur le sentier. Je me décidai à relâcher son bras. L’angoisse, les peurs, l’énervement. Le tout cumulé dut faire monter ma pression artérielle. Un léger voile noir apparut soudainement, venant perturber ma vue.  Je me détournai de Sahana, posant ma main sur ma tempe, comme si ça allait aider à faire disparaître ce voile.    

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MessageSujet: Re: If you lose faith in you, I'll give you strength to pull through   Dim 13 Avr - 16:40


Keith & Sahana

If you lose faith in you,

I'll give you strength to pull through
Je ne savais pas quoi faire. Elle était là la vérité. Dix ans… dix ans que j’étais mariée avec lui et j’avais l’impression que nous étions deux étrangers. Je ne comprenais pas ce qu’il me disait et je ne parvenais pas à trouver la solution pour être là et l’aider. Au lieu de cela, j’enchainais les ratés, et je faisais des choses qui ne me ressemblaient pas. Parce que j’avais peur. Si lui redoutait le saut dans l’inconnu que cela représenterait que de devenir aveugle, moi je le vivais dès à présent, ce saut dans l’inconnu. Il disait « jusqu’à ce que la mort nous sépare », mais là, je n’avais pas l’impression que nous étions encore mariés. Une telle incompréhension, cette impossibilité à trouver les bons mots, c’était nouveau et terrible. J’avais peur de le perdre, au point de faire n’importe quoi, comme mettre ce bandeau sur mes yeux pour descendre le volcan alors que c’était à des kilomètres de ce que j’avais prévu.

Je n’étais pourtant pas quelqu’un d’impulsif. Au contraire, je réfléchissais beaucoup avant d’agir. Mais pas là. Peut-être parce que cela nous concernait trop, peut-être parce que mon cœur dictait trop de choses à mon cerveau. Je n’en savais rien. Je ne savais même pas de quoi il avait réellement peur, ou ce qu’il attendait vraiment de moi. Je multipliais les coups dans le vent et cela ne nous aiderait pas, mais j’étais juste… paumée, d’autant qu’il ne me répondait pas. Je savais qu’il lui arrivait d’être silencieux mais là, ce n’était vraiment pas le moment.

A quoi je jouais ? Est-ce que c’était cela ? Est-ce qu’il ne me voyait que comme une gamine qui faisait un caprice ? Ce n’était pas un jeu, jamais je n’avais considéré sa maladie comme un jeu, jamais alors que ça foutait tout en l’air ! Ceci dit, me voir avancer tête baissée ne plaidait surement pas en ma faveur. J’avais pertinemment conscience que c’était stupide, mais je n’arrivais pas à m’arrêter. Ce fut Keith qui m’arrêta et douloureusement. Je sentis ses doigts se refermer fortement sur mon bras, alors qu’il me criait dessus. Alors que je voulais me dégager, il m’ôta le bandeau des yeux me contraignant à baisser mes paupières aux trois-quarts à cause de la lumière. Quand je vis clair, je croisai ses prunelles grises, froides, plus violentes encore que sa poigne ou ses mots. Je l’avais déjà vu avec ce regard, mais jamais il ne m’avait été destiné.

« Tu me fais mal… »

Il ne s’en rendait peut-être pas compte mais la pression qu’il exerçait sur mon bras était bien réelle. Au lieu de cela, il continua. Il n’arrivait pas à renoncer. Depuis que j’avais rencontré Eliott ma vie avait été une succession de rêves qui avaient tous fini par se réaliser. Peut-être qu’elle était là mon erreur : j’y croyais encore malgré tout. Je me sentis plus impuissante que jamais à ce moment-là. Il me faisait même peur à dire vrai, car jamais il ne s’était ainsi mis en colère. Et personne ne m’avais jamais attrapée de la sorte depuis que j’avais mis le pied à Honolulu. Il me lâcha tout à coup, après avoir jeté le bandeau, comme pour piétiner l’aide que j’essayais de lui apporter. Je restais un moment immobile, fixant les petits cailloux sous mes chaussures. De toute façon quoi que je dise, ça ne ferait qu’empirer les choses. Pourtant il avait su voir clair en moi. Il avait senti à quel point j’avais envie de ce second bébé dont je lui avais parlé l’année dernière. Mais ce désir n’avait de sens qu’avec lui. Je ne voulais pas d’un bébé si ce n’était pas avec lui que je l’avais. Et je n’en voulais pas si cela devait le rendre malheureux. Il était là, le fond du problème. Il ne voulait pas que je renonce à mes rêves, mais on ne pouvait pas faire autrement. Je l’acceptais ce point. Mais pas lui. Je croisai les bras sur ma poitrine, caressant doucement l’endroit où il avait serré. Puis je relevai la tête, et je le vis. Qu’avait-il ? Mal à la tête ? Peut-être après une telle dispute. Ou alors c’était cette fichue maladie et dans ce cas, il refuserait mon aide en bloc.

« C’est la première fois que tu t’énerves comme ça sur moi… on a besoin d’aide. Tu as besoin d’une aide que je ne peux pas t’apporter. »

Je prononçais ces mots d’une voix calme et basse. Je n’étais plus vraiment énervée, la colère était retombée. Je ne pouvais rien faire. Aussi injuste que soit cette histoire, aussi hargneuse que je puisse être, je devais juste me contenter d’être là, quelque part, mais plus au premier plan de sa vie, puisqu’il était en guerre. Voilà, ça serait comme ça, comme s’il était envoyé en mission… il serait très loin, bien que physiquement proche encore. Peut-être que quelqu’un d’autre saurait l’aider là où moi, sa femme, j’échouais. Je m’approchai et caressai brièvement son dos, avant de déposer un baiser sur son épaule.

« Je suis désolée. On devait juste… profiter aujourd’hui, être seulement tous les deux, ensemble. »

Ma main glissa dans son dos et je remontai le sentier en direction du cratère. J’avais tout foiré aujourd’hui, sur toute la ligne. Je voulais quelque chose de simple entre nous, comme ça l’avait toujours été. Je revins près des sacs, en ouvris un alors que je m’asseyais. J’en sortis une barre de céréales, mais je ne la déballais même pas, mes doigts s’y égaraient, comme mon esprit était bien loin maintenant.
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